jeudi 25 novembre 2004

627 - sur la route de Coronel

... s'il était facile de dissimuler des sous-marins à la vigilance de l'ennemi, il en allait tout autrement des navires de surface.

Encore pouvait-on lancer les plus rapides d'entre eux dans une guerre de course contre le trafic maritime de l'adversaire, en espérant que leur vitesse leur permettrait d'échapper aux escadres que ce même adversaire ne manquerait pas de lancer à leurs trousses.

Quelques mois avant la guerre, les responsables de la marine allemande avaient confié à l'amiral von Spee deux croiseurs-cuirassés - les Scharnhorst et Gneisenau - ainsi que quelques croiseurs légers qui, en août 1914, étaient rassemblés dans l'archipel des Carolines.

Certain de se heurter aux flottes réunies du Japon, de l'Australie et de la Grande-Bretagne s'il restait dans l'Océan Pacifique, Spee décida de repasser dans l'Atlantique Sud, non sans s'être séparé au préalable de son croiseur le plus faiblement armé - l'Emden - qui s'en fut alors écumer l'Océan Indien, camouflé en navire marchand.

A peine avait-il appris la présence de Spee dans les parages que le bouillant amiral Cradock, avide d'en découdre, s'était précipité, rameutant tous les navires britanniques disponibles, mais sans attendre son seul cuirassé - le vieux Canopus - qui traînait encore à plus de 500 kms en arrière lorsqu'il rencontra finalement l'escadre allemande le 1er novembre 1914, à Coronel, au large des côtes chiliennes.

Ce fut une erreur tragique : face aux deux croiseurs-cuirassés allemands et à leurs navires d'escorte, les croiseurs britanniques étaient si peu à la fête que le combat tourna vite à l'exécution. Au bout d'une heure, les Allemands avaient liquidé deux croiseurs britanniques sur quatre, sans souffrir eux-mêmes de gros dommages.

Fort content de lui, Spee décida alors de faire escale à Valparaiso (Chili) où vivait une importante colonie allemande. Il ignorait qu'à Londres, l'amirauté britannique était bien décidée à se venger toutes affaires cessantes...

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