samedi 20 novembre 2004

622 - la redistribution des cartes

... Après la chute de Port Arthur, suivie du désastre de Tsu-Chi-Ma, le Tsar Nicolas II n'eut plus d'autre choix que d'accepter la médiation que Théodore Roosevelt, Président des États-Unis, lui proposait en vain depuis des mois.

Dans l'immédiat, l'affaire lui coûtait Port Arthur et la Mandchourie - que les Japonais s'empressèrent d'annexer. Mais pendant quarante ans, elle allait quasiment priver la Russie de toute influence en Asie.

Pire encore : le 14 juin 1905, ce qui restait de la flotte impériale hissa le drapeau rouge et se mutina en Mer Noire. Et l'on vit les marins du Potemkine se rendre maître d'un cuirassé - fait unique dans l'histoire des révolutions - puis, ne sachant trop qu'en faire, errer à leur tour à la recherche d'un port d'asile, et surtout d'un gouvernement qui voudrait bien les accueillir. Ce qu'ils parvinrent finalement à trouver le 25 juin 1905, en se rendant aux autorités roumaines.

La Russie privée pour des décennies de toute influence maritime, l'Espagne éliminée de l'échiquier mondial après sa défaite lors de la guerre hispano-américaine de 1898, on aurait pu croire la guerre de la cuirasse et de l'obus enterrée pour longtemps.

Ce fut tout le contraire. A l'occasion de la Première Guerre mondiale, la querelle des cuirassés allait reprendre de plus belle, mettant en scène un champion incontesté (la Grande-Bretagne), deux figurants fort fatigués (la France et l'Italie), deux nouveaux venus très ambitieux (les États-Unis et le Japon), et un challenger pour le moins inattendu qui, sous l'impulsion de l'amiral Tirpitz, venait curieusement de s'aviser que son avenir était lui aussi sur l'eau...

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