
... bien avant que la flotte américaine de l'Atlantique ne s'apprête à affronter son homologue ibérique, le Ministère de la Guerre américain s'était souvenu de l'existence, dans le Pacifique, d'une importante colonie espagnole - les Philippines - qui ne demandait pour ainsi dire qu'à changer de mains.
En décembre 1897, il avait donc envoyé le Commodore Dewey à Nagasaki afin d'y prendre le commandement de la petite flotte du Pacifique qui, outre l'Olympia, comprenait trois autres croiseurs et quelques canonnières.
Poussant l'entraînement au maximum, Dewey était fin prêt lorsque, le 26 avril 1898, un télégramme de son gouvernement lui apprit l'ouverture des hostilités avec l'Espagne. Sans perdre une minute, il mit le cap sur Manille, où il arriva le 1er mai pour y surprendre la flotte espagnole au mouillage.
En vérité, ce fut une véritable exécution. En deux passes, comme à l'exercice, les croiseurs et les équipages parfaitement entraînés de Dewey liquidèrent tous les navires de l'amiral Montoyo, mettant 171 coups au but et tuant ou blessant près de 400 hommes, en ne souffrant de côté que d'une quinzaine d'impacts et une dizaine de blessés.
Le temps de mettre sur pieds un corps expéditionnaire, et de l'acheminer depuis San Francisco, et voilà les Philippines toutes entières tombées dans l'escarcelle de Washington, avec la capitulation de Manille, le 13 août 1898.
Pour autant, beaucoup de voix s'élèvèrent, aux États-Unis, pour condamner cette opération coloniale par trop européenne et donc indigne de "l'esprit américain". En 1916, le "Philippine Autonomy Act" reconnaîtra déjà un gouvernement local. En 1934, le Congrès américain s'engagera à accorder l'Indépendance aux Philippines au plus tard en 1946. Le pays se dotera d'une Constitution propre en 1935, et d'un Président élu en 1941, avant d'accéder à l'Indépendance en 1947, mettant ainsi un terme à la courte aventure coloniale américaine...
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