mercredi 10 novembre 2004

612 - l'affaire du Maine















... bien qu'ayant inventé et mis en oeuvre le premier cuirassé moderne, la marine des États-Unis ne représentait encore que peu de choses à la fin du 19ème siècle. Il faut dire que l'isolationnisme des Américains, et l'immensité. de leur pays, ne les poussaient guère vers les conquêtes coloniales alors très à la mode chez leurs cousins européens.

N'étant menacés par personne, et n'ayant nul besoin de colonies africaines ou asiatiques pour en accaparer les richesses et y exporter leurs produits finis, les États-Unis n'avaient aucun intérêt à développer et entretenir une grande flotte de combat semblable à celles que la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne lançaient alors à la conquête des mers.

Néanmoins, petit à petit, des voix s'élevèrent aux États-Unis pour que le pays se taille à son tour une part du gâteau colonial, et se lance dans la construction d'une marine de guerre capable de réaliser cet objectif.

L'occasion survint, lorsque la population de Cuba se révolta contre l'Espagne, et réclama son indépendance. Pour y défendre ses intérêts et la vie de ses ressortissants, le gouvernement des États-Unis décida d'envoyer le cuirassé Maine à Santiago, où il fut victime, le 15 février 1898, d'une mystérieuse explosion qui entraîna sa perte et la mort de 260 marins américains.

Même si la cause de cette explosion ne fut jamais déterminée, la Presse américaine, et en particulier celle du magnat William Randolf Hearst, s'enflamma, l'attribua à une mine ou une torpille espagnole, et poussa le Congrès à déclarer la guerre à l'Espagne le 19 avril suivant.

Une immense océan séparant les deux adversaires, cette guerre ne pouvait être que navale. Restait à savoir quelle tournure elle allait prendre...

1 commentaire:

Anonyme a dit...

L'affaire du Maine a fait couler beaucoup d'encre (chez les journalistes, bien entendu, chez les humoristes aussi - Mark Twain et Alphonse Allais ayant commis un calembour très départemental en français; "Maine et Gloire....Chef - Lieu Danger")....mais aussi celle des commissions d'enquête. La commission américaine conclut , sans surprise à une attaque extérieure, mais celle diligentée par les espagnols , présidée par l'excellent technicien qu'était le capitaine de vaisseau Villaamil présenta des arguments sérieux en faveur d'une explosion interne, en particulier la quasi absence de poissons morts (en surface et au fond de l'eau) dans ce qui aurait pu être une super pêche à la dynamite , véritable aubaine pour les pauvres pêcheurs cubains.

Par la suite , avec les travaux de démantèlement et de renflouage , puis le dragage du port les pistes furent brouillées mais au début des années 60 l'Amiral Américain Hyman Rickover (le grand promoteur des sous marins atomiques) que cette question passionnait , diligenta une enquête scientifique sur ce qui restait de l'épave (renflouée et coulée hors du port pour dégager les chenaux)...et cette enquête américaine conclut à une explosion de la soute à poudres...ce qui était d'ailleurs presque banal à l'époque (les cuirassés français Iena et Liberté à Toulon, un cuirassé anglais...et quelques autres)...ou , peut être à un coup de grisou dans les soutes à charbon.
De toutes façons ,le Maine était un navire loupé, ayant été modifié de multiples fois en cours de construction et quasi obsolète une fois lancé et mis en service, dans un contexte d'évolution rapide de la technique navale