... Comme Villeneuve face à Nelson devant Trafalgar, l'amiral Persano est un éternel indécis, que le gouvernement italien presse depuis des semaines de passer à l'action contre la marine autrichienne, et qu'il s'apprête d'ailleurs à remplacer, lorsque ce dernier se décide enfin à appareiller, non pas pour Pola, où mouille la flotte autrichienne, mais pour la minuscule île de Lissa, prudemment choisie "comme présentant des ouvrages de défense [autrichiens] assez forts pour donner une certaine importance militaire à l'attaque, sans qu'il fut permis, avec les forces dont on disposait, de douter du succès"Mais il y a loin de la coupe aux lèvres...
le 16 juillet 1866, Persano a donc quitté Ancône avec 29 bâtiments, dont 11 cuirassés. Pendant deux jours, la flotte italienne a vainement pilonné la garnison autrichienne, échangeant des milliers de coups de canons en pure perte, tout en donnant à la flotte autrichienne de l'amiral Tegetthof le temps de se porter au secours de la place assiégée.
Le 19, celui-ci a appareillé de Pola sur le Ferdinand Max, avec 12 frégates cuirassées et une dizaine de bâtiments plus petits.
Au matin du 20, les deux flottes sont arrivées au contact. Et comme Nelson à Trafalgar, Tegetthof est lui aussi parvenu à placer la flotte autrichienne en ligne de front de manière à ce qu'elle vienne couper la flotte italienne par le milieu. De fait, ce sont les Italiens qui ont ouvert le feu les premiers,... répandant une telle fumée que les Autrichiens sont carrément passés à travers leur ligne sans pouvoir en éperonner un seul. Ayant rapidement fait demi-tour, ils sont néanmoins revenus à la charge.
Avec des navires relativement bien protégés, et des boulets pleins, les adversaires ne peuvent se faire grand mal, et de fait, c'est plutôt à l'éperon, comme au meilleur temps des galères, que chacun cherche à couler l'autre...
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