... C'est une guerre que l'Histoire maritime a oublié, d'abord parce que ses deux protagonistes - l'Autriche et l'Italie (alors alliée de la Prusse) - n'étaient, en ce milieu du 19ème siècle, que des acteurs mineurs du destin de l'Europe, ensuite parce que la composante navale de cette guerre n'eut aucune influence sur l'issue du conflit lui-même, et enfin parce que cette composante navale se situait à la charnière entre deux époques, entre les vaisseaux de voiles et de bois qui allaient bientôt disparaître, et les cuirassés qui venaient à peine de naître.La bataille de Hampton Roads (8 et 9 mars 1962) entre le Virginia sudiste et le Monitor nordiste s'était soldée par un match nul, ou plutôt par la victoire de la cuirasse sur l'obus, mais il s'en faudrait encore de nombreuses années avant que l'ensemble des marines du monde ne renonce définitivement aux grandes coques de bois hérissées de multiples canons afin de rebâtir des flottes de cuirassés munis de tourelles d'acier.
"Si vous n'avez pas de canons, donnez-moi toujours les navires, j'en tirerai le meilleur parti possible", avait déclaré l'amiral Wilhelm Von Tegetthof, 38 ans, à l'empereur d'Autriche François-Joseph, à la veille du conflit contre l'Italie et la Prusse.
Il faut dire que la marine autrichienne n'alignait que 27 navires et 523 canons contre une marine italienne non seulement plus moderne, mais disposant en outre de 33 bâtiments armés de 695 canons. Certains de ces bâtiments, comme l'Affondatore - littéralement "le couleur", étant même spécialement munis d'un éperon destiné à éventrer leurs adversaires... comme au bon vieux temps des galères (!)
Mais s'ils sont plus nombreux, et mieux équipés, les Italiens manquent - déjà - du simple désir de se battre : le 27 juin 1866, 6 navires autrichiens partis de Pola ont ainsi pu reconnaître Ancône, où mouille la flotte italienne, et rester deux heures à la vue de onze cuirassés italiens sans que ceux-ci ne sortent du port pour en découdre avec eux...
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