... avec l'apparition, en 1941, des gros bombardiers quadrimoteurs, l'artillerie antiaérienne classique dut affronter un ennemi qui volait de plus en plus haut et de plus en plus vite.Avec leur cadence de tir de plusieurs centaines de coups à la minute, les canons de petit calibre restaient en mesure de dresser de véritables murailles d'acier devant les appareils volant à moins de 3 000 mètres. En revanche, la cadence de tir des canons de gros calibre ne pouvait, pour des raisons purement mécaniques, dépasser les quelques coups par minute.
Pour espérer atteindre, depuis le sol, un avion volant à 400 kms/h et à 6 000 ou 7 000 mètres d'altitude, il n'y avait donc d'autre solution que de multiplier le nombre de canons, ce qui se traduisait par une augmentation vertigineuse de la consommation d'obus.
En 1944, les responsables allemands durent convenir que même leurs nouveaux 128mm seraient incapables de faire face à la menace des bombardiers Boeing B29 (600 kms/h et 10 000 mètres d'altitude) dont l'arrivée était considérée comme imminente
A l'évidence, il fallait trouver autre chose, et se tourner vers les missiles guidés qui, avec les V1 et V2 faisaient alors leurs premiers pas.
Hélas, la dispersion des efforts et l'irréalisme des cahiers des charges - en particulier au niveau du téléguidage - entraînèrent une nouvelle fois les ingénieurs sur des chemins certes prometteurs mais qui n'avaient aucune chance d'être convenablement défrichés avant la fin de la guerre.
Naquirent ainsi une poignée d'engins certes exotiques comme le Schmetterling, l'Enzian, le Wasserfall ou la Rheintochter, mais qui, à nouveau, ne furent efficaces que bien après la guerre, aux mains des vainqueurs de l'Allemagne...
2 commentaires:
Eh oui, on en découvre à chaque fois des choses! Ceci dit, c'est bien connu que les américains et russes se sont arrachés les progrès militaires des allemands : technologie des fusées par exemple! Ils ont même recrutés (parfois par la force) les savants et ingénieurs militaires allemands.
Dans les mémoires d'Albert Speer il y a le regret que les petits génies de Pëenemunde, Von Braun en tête, aient été emportés par leurs rêves de conquête intersidérale et se soient lancés dans la construction d'une arme irréaliste et complexe (la V1 ou A4) alors que des missiles anti aériens efficaces (en particulier la Wasserfall, une sorte de mini V1) étaient plus utiles et plus faciles à réaliser.
Les ingénieurs de Pëenemunde avaient d'ailleurs commencé à corriger le tir: C'est là que se situe le fameux épisode du V2 tombé en Suède à Backebö; C'était une V2 / A4 mais équipée d'une radiocommande (la Kehl /Strassburg qui servait aussi aux bombes volantes Fritz X qui pulvérisèrent le cuirassé italien Roma en septembre 1943) . D'après les mémoires de RV jones (le chef du renseignement scientifique anglais) il fut révélé après la guerre que le sous officier à qui on avait confié le joystick de la télécommande (et qui était un as dans le maniement de la Fritz X) fut tellement stupéfié par l'envol de la A4 (grondement de tonnerre, flammes) qu'il laissa par mégarde la main sur la manette...la fusée partit à l'horizontale et disparut dans un nuage pour finir en Suède où les anglais la récupérèrent (en échange d'équipement radar et d'une bonne douzaine de Spitfire) avant de la décortiquer minutieusement dans leur centre d'essais en vol de Farnborough.
Ce qui est très symptomatique dans cette histoire c'est que la "petite" fusée réellement utilisable n'était pas encore en état de voler et que les essais de radiocommande furent fait sur la grosse A4 V1 qui ele était (plus ou moins) bonne pour le service...dans l'album de Tintin Objectif Lune (dont les fusées ressemblent furieusement aux missiles allemands, peinture en damier comprise)l'éminent professeur Tournesol (pourtant connu pour ses côtés farfelus) procède exactement à l'inverse de Von Braun : La petite fusée d'essais -baptisée dieu sait pourquoi XFLR66- d'abord ,et la grosse ensuite.
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