... bien que les recherches allemandes sur les fusées et missiles remontaient au milieu des années 1930, il fallut attendre 1942, l'essoufflement de la guerre à l'Est et les premiers bombardements massifs de l'Allemagne par les Britanniques, pour que celles-ci bénéficient de l'importante priorité que leur valut leur statut de "Vergeltungswaffen" ou "armes de représailles".N'ayant pas les capacités industrielles pour construire les milliers de bombardiers quadrimoteurs que les Anglo-américains utilisaient pour raser les villes allemandes, l'Allemagne nazie s'était (trop) vite convaincue qu'elle pourrait, grâce aux fusées, parvenir aux mêmes résultats sur les villes britanniques, voire même américaines (!)
De "l'idée du Führer" à sa mise en oeuvre, il n'y avait qu'un ordre qui, dans toute l'Allemagne et les territoires contrôlés par elle, mobilisa bientôt des centaines de savants, d'ingénieurs et de techniciens, mais aussi des dizaines de milliers d'ouvriers, de déportés et de travailleurs des camps.
Car il ne fallait pas seulement concevoir des engins capables de raser Londres et un jour New-York : il fallait bâtir de gigantesques complexes pour les fabriquer, puis les abriter, et enfin les lancer sur l'ennemi.
Comme toujours, le grandiose prit le pas sur le réalisme et l'on se mit à construire sur les côtes françaises d'énormes bunkers d'où ces armes - qui n'existaient pas encore - étaient censées surgir pour frapper les villes britanniques, attendu que l'imprécision des "Vergeltungswaffe" (plusieurs kilomètres de rayon par rapport au centre de la cible visée) ne pouvait les destiner qu'aux villes, c-à-d aux civils qui avaient le malheur d'y vivre et d'y travailler.
Pareille mobilisation de travailleurs et de milliers de mètres cubes de béton attira fatalement l'attention des Alliés, qui entreprirent de bombarder les installations de lancement bien avant qu'elles ne soient terminées.
Ainsi en fut-il de la Coupole de St-Omer et du bunker d'Eperlecques qui, plus ou moins gravement endommagés, durent être abandonnés peu après le 6 juin 1944 sans jamais avoir servi, forçant les ingénieurs à revenir à une conception plus mobile et finalement plus réaliste des sites de lancement...
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