jeudi 26 août 2004

536 - la folie des grandeurs

... manquant cruellement d'avions de transport, les ingénieurs allemands s'étaient tournés, comme beaucoup d'autres, vers la formule des planeurs de combat.

Hélas, comme souvent, l'imagination débridée et la folie des grandeurs prirent vite le pas sur le réalisme, et produisirent un véritable monstre.

Le Messerschmitt 321 "Gigant" était certes capable de transporter un char de 20 tonnes, ou 200 fantassins et leur équipement, mais avec son poids et son envergure de 55 mètres (quasiment équivalente à celle d'un Boeing 747 !), il n'existait tout simplement pas d'avion suffisamment puissant pour le tracter...

En toute hâte, on souda l'un à l'autre quelques Heinkel 111 bimoteurs pour en faire des pentamoteurs (Saviez-vous que... - 528), mais le résultat laissait encore à désirer.

On décida alors de transformer le planeur géant en avion tout aussi géant, en lui greffant tout simplement des moteurs. Mais comme tous les moteurs performants étaient déjà réservés à d'autres programmes, il fallut se rabattre sur les très médiocres Gnome et Rhône 14N français, ce qui imposa d'en monter six.

Devenu avion hexamoteur, le Messerschmitt 323 avait certes gagné en autonomie mais restait un engin pataud et bien trop vulnérable. Ainsi, en avril 1943, une formation de Me 323 qui traversait la Méditerrannée pour ravitailler les troupes de Rommel fut interceptée par la chasse anglaise et perdit... 14 appareils sur 16 (!)

Cette trop grande vulnérabilité, et le temps nécessaire à sa construction, sonna le glas du gros Messerschmitt, dont la production fut arrêtée en avril 1944, au 198ème exemplaire seulement...

1 commentaire:

Anonyme a dit...

Le plus farce c'est que les essais du Gigant avaient été confiés à une paire de pilotes de choc : la très frèle Hanna Reitsch , chamionne de planeur ( et nazie pur jus ) et un certain Hans Baur...

Reitsch survécut a un décollage catastrophique où deux des trois avions remorqueurs partirent en travers de la ligne de vol (largage du câble en catastrophe) tandis que les six fusées RATO d'appoint (impossibles à éteindre ou à larguer) continuaient à pousser...d'où un atterrissage immédiat et brutal dans un champ voisin...
Par la suite l'aviatrice se plaignit hautement des commandes (qui n'étaient pas assistées) avec des surfaces de contrôle aussi grandes que dles ailes d'un avion d'aéro-club.

Elle avait éprouvé d'affreuses crampes dans les bras après seulement 20 minutes de vol et Baur , un solide gaillard , avait éprouvéles mêmes au bout d'une petite heure de vol....

Solution aussi rapide que brutale due à la Kolossale Finesse des ingénieurs de Messerschmitt pour les appareils de série: installer un poste de pilotage agrandi avec deux jeux de commande couplés et recruter des pilotes taillés comme des haltérophiles pour piloter ce mammouth volant