... "absurde" est probablement le premier mot qui vient à l'esprit lorsqu'on évoque le Bachem "Natter".Mais à vrai dire, les qualificatifs se révèlent impuissants à décrire un engin qui tenait plus du missile vaguement piloté que de l'avion.
Fondamentalement, le "Natter" était un avion-fusée, lancé à la verticale le long d'une rampe de lancement, elle-même placée sur le trajet des bombardiers alliés que le Natter était censé détruire grâce à ses 24 ou 33 roquettes placées dans le nez.
Cette importante mission patriotique accomplie, le "pilote" n'avait plus qu'à actionner un levier qui, en sectionnant l'appareil en deux parties au niveau du poste de pilotage, lui permettait en principe de s'en extraire grâce à un parachute,... aucune procédure d'atterrissage n'ayant été prévue (!)
Le côté volontairement suicidaire en moins, c'était, en plus compliqué, la version allemande du Yokosuka Ohka (Saviez-vous que... - 497 -), lui aussi missile piloté à moteur-fusée. Rien d'étonnant dès lors à ce que l'ensemble du projet ait été confié à Heinrich Himmler et à la SS, qui jusque là n'avaient pourtant eu aucun rapport avec l'aviation (!)
De conception volontairement rudimentaire - presque entièrement construit en bois - le Natter fut essayé à plusieurs reprises en tant que planeur (remorqué derrière un Heinkel 111), puis lancé à la verticale (mais sans pilote) le long de sa rampe.
Le 28 février 1945, le lieutenant Lothar Siebert entra dans l'Histoire comme le premier pilote de Natter : cinq secondes après le décollage, le poste de pilotage s'arracha de l'ensemble, le tuant sur le coup.
Une trentaine d'essais, quelques uns pilotés, eurent encore lieu jusqu'en avril 1945, lorsque l'irruption des troupes alliées dans l'usine et sur les sites de lancement renvoya définitivement l'épopée du Natter aux oubliettes d'une Histoire dont il n'aurait jamais dû sortir...
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