... si beaucoup d'armes-miracles allemandes se révélèrent des impasses techniques, certaines débouchèrent de surcroît sur de véritables drames, à l'image du Messerschmitt 163 "Komet" qui, tout au long de sa brève carrière, tua bien plus de pilotes allemands par accidents qu'il n'abattit lui-même d'avions alliés.Figé dès 1941, le concept du "Komet", dû à Alexander Lippisch, était celui d'un planeur de combat, décollant sur un chariot largable, et se posant sur des patins scamotables, qui compliquaient terriblement sa récupération et sa remise en service.
La propulsion était assurée par un moteur-fusée Walther utilisant deux produits chimiques hautement corrosifs - de l'eau oxygénée (T-Stoff) et un mélange d'hydrate d'hydrazine et de méthanol (C-Stoff) - dont le simple contact générait une réaction chimique violente et souvent... explosive.
Le planeur volait parfaitement et, quand tout se passait bien, le moteur-fusée lui procurait des performances très supérieures à tout ce que l'on avait obtenu jusque là avec des moteurs à pistons ou à réaction: un prototype désarmé atteignit 1 004 hm/h en 1941 (!)
L'autonomie était en revanche inférieure à 100 kms,... effectués pour l'essentiel en vol plané puisque les quantités de carburant embarquées n'offraient qu'environ deux minutes de propulsion.
Le plus grave défaut de la formule résidait cependant dans l'extrême dangerosité des carburants eux-mêmes, qui non seulement obligeaient le pilote et le personnel au sol à porter constamment des combinaisons anti-acides, mais qui risquaient à tout moment d'exploser, en particulier lors des chocs liés au décollage et à l'atterrissage.
Avec de telles caractéristiques, rien d'étonnant à ce que l'ensemble du projet soit resté en demi-sommeil jusqu'en 1944, lorsque la situation militaire s'avéra désespérée, et que l'on s'avisa qu'une autonomie aussi réduite était malgré tout suffisante pour la défense d'objectifs localisés, comme des raffineries.
Le "Komet" entra donc en service au compte-gouttes (environ 300 exemplaires construits) et sans que ses défauts rédhibitoires aient été résolus. Pire encore : avec une vitesse de combat près de trois fois supérieure à celle des bombardiers qu'ils étaient censés attaquer, et des canons de 30mm n'offrant que quelques centaines de mètres de portée utile, les pilotes de "Komet" n'avaient tout simplement pas le temps suffisant pour viser et tirer avant de percuter leur cible. Il eut fallu un système de tir automatique, et des roquettes air-air, qui n'entrèrent jamais en service.
De fait, l'ensemble du programme fut un échec total, dont les vainqueurs de l'Allemagne, passé le stade de la simple curiosité, se désintéressèrent totalement après la guerre.
Et si quelques avions alliés furent effectivement abattus, plus de 80% des Komet perdus le furent au décollage ou à l'atterrissage, par explosion des carburants, tuant presque systématiquement le pilote...
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