dimanche 15 août 2004

525 - la flêche brisée











... confrontés à l'écrasante supériorité aérienne alliée, et réalisant qu'ils ne parviendraient jamais à produire autant d'avions que ces derniers, les responsables de la Luftwaffe s'étaient engagés très tôt dans la recherche désespérée d'un "avion miracle", dont la supériorité intrinsèque serait telle qu'elle compenserait à elle seule la pure et simple infériorité numérique.

Cet avion, le biréacteur Messerschmitt 262, promettait certes beaucoup sur le papier. Mais les difficultés pour le construire et le mettre au point étaient telles que lorsqu'il entra finalement en service, fin 1944, la situation était devenue à ce point dramatique pour l'Allemagne que son apparition releva plutôt de l'anecdote.

D'autres programmes plus classiques, comme l'excellent Focke-Wulf 190, ou l'époustouflant Dornier 335 pâtirent bien évidemment de la préférence accordée au Messerschmitt, qui frappait davantage l'imagination mais se trouvait trop en avance sur les techniques de l'époque.

Le manque de fiabilité de ses réacteurs fut à l'origine d'innombrables accidents, tandis que leur manque de poussée à basse altitude rendait l'avion très vulnérable, en particulier dans les phases de décollage et d'atterrissage, lorsque les chasseurs alliés, qui se savaient supplantés en performances pures, fondaient sur lui tel des oiseaux de proie contre un canard piteusement posé sur l'eau.

Cette faiblesse obligea d'ailleurs les responsables de la Luftwaffe à prendre une décision aussi inédite que ruineuse : créer des unités spéciales de chasseurs Focke-Wulf, qui protègeraient les décollages et atterrissages du chasseur Messerschmitt (!)

Il existait bien une alternative, et plus précisément un chasseur certes conventionnel - donc à hélices et moteurs à pistons - mais offrant les mêmes performances que le capricieux et très fragile Messerschmitt.

Pour atteindre un tel niveau de performances, ce bimoteur - le Dornier 335 "Pfeil" ("flèche") - utilisait une formule originale, dite push-pull, avec une hélice tractrice à l'avant, et une hélice propulsive à l'arrière.

Hélas, comme souvent, il n'eut pas les faveurs des technocrates du Ministère de l'Air, qui lui préférèrent les chimères à réacteur ou moteur-fusée.

A la capitulation, en mai 1945, seuls 11 exemplaires de série avaient été livrés...

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