samedi 14 août 2004

524 - faire et défaire

... né fondamentalement vicieux, le Messerschmitt 410 ne parvint jamais à répondre aux attentes de ses concepteurs, ni à justifier les efforts qui furent déployés pour le mettre en oeuvre.

La simple logique aurait voulu que l'entièreté du programme soit abandonnée. Mais dans ce curieux mélange de rigueur, de gabegie et de luttes d'influences qui caractérisait la dictature hitlérienne, sa construction fut poursuivie jusqu'à la fin.

Encore celle-ci fut elle également victime de ce que l'on pourrait appeler "la malédiction du 410", bien que cette malédiction fut plutôt le reflet de la réalité industrielle de l'Allemagne nazie, constamment soumise aux ordres et contre-ordres.

A l'origine, la société Henschel avait été réquisitionnée pour abriter une des lignes de production du futur bombardier Junker 188. Quand tout l'outillage fut installé, et l'usine approvisionnée, on décida de renoncer au Junkers et de produire le Messerschmitt à la place, et à raison de 400 exemplaires par mois. Un avion n'étant pas l'autre, il fallut commander de nouvelles machines, et obtenir de nouveaux approvisionnements.

Lorsque les préparatifs de production furent enfin terminés, on apprit à Henschel que la commande du Messerschmitt était annulée et qu'il devait désormais fabriquer le bombardier Junker 388, qui fut lui aussi abandonné avant l'achèvement du premier exemplaire de série,... mais après la mise en place des outillages et la fabrication des composants (!)

Au final, en pleine guerre, une importante usine d'aviation allemande avait ainsi travaillé avec acharnement pendant 18 mois... pour ne rien produire du tout.

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