... en décembre 2000, les autorités japonaises célébrèrent le centenaire de la naissance du "Schindler japonais" - Chiune Sugihara - honoré pour avoir sauvé des milliers de Juifs, au mépris des instructions du Pouvoir en place.
Pour rappeler les actions de Sugihara, un prix fut spécialement créé... deux mois seulement après des excuses officielles du ministère des Affaires étrangères à sa veuve.
"Chiune Sugihara décida à ses risques et périls de sauver des milliers de Juifs en fournissant des visas de transit aux réfugiés", souligna le Comité de célébration.
Consul adjoint du Japon en Lituanie au commencement de la 2ème GM, Sugihara délivra des visas d'entrée au Japon à quelque 6.000 Juifs, qui eurent ainsi la chance d'échapper à l'Holocauste.
"J'étais finalement arrivé à la conclusion que l'Humanité devait passer avant tout le reste", écrivit-il dans son livre, évoquant ses doutes de fonctionnaire, décidant sciemment de désobéir aux ordres d'un régime militaire allié de l'Allemagne nazie.
Avec la capitulation de l'Allemagne, puis celle du Japon, avec la découverte de l'enfer concentrationnaire, on aurait pu penser que cet acte de désobéissance lui aurait valu promotion et honneurs.
Ce fut tout le contraire. Contraint à quitter le service diplomatique en 1947, Sugihara sombra dans l'oubli le plus total, et il fallut la sortie du film "La liste de Schindler", en 1993, pour qu'il se rappelle aux bons souvenirs de ses compatriotes, à vrai dire fort étonnés d'apprendre qu'ils avaient eux-aussi hébergé un Juste dans leurs rangs.
Mais c'était trop tard : Chiune Sugihara était déjà mort depuis sept ans..
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