mardi 17 février 2004

345 - l'empire du soleil

... si les crimes de guerre allemands sont relativement bien connus et documentés, ceux des Japonais sont en revanche occultés, passés sous silence, pour ne pas dire niés.

Pourtant, dans cette partie du globe, la guerre avait commencé dès le début du 20ème siècle, lorsque le Japon, avide de matière premières et de débouchés commerciaux, avait porté son regard vers la Chine.

Rompant avec des siècles d'un isolement presque total, qui l'avait notamment poussé à mettre à mort les rares étrangers s'échouant sur ses côtes, l'Empire du Soleil Levant devint, dès la restauration des Meiji (vers 1860), la première puissance asiatique.

Grâce à l'aide tacite de l'Angleterre (qui lui construisit l'essentiel de sa marine de guerre), l'Empire du Soleil Levant balaya les armées chinoises en 1895, en initiant, dans le plus pur style colonialiste européen, une formidable expansion vers le continent asiatique, laquelle finit par se heurter, au tournant du siècle, à la Russie du Tsar Nicolas II qui, depuis l'épisode de la Révolte des Boxers (juin 1900), occupait la Mandchourie et avait établi à Port Arthur (aujourd'hui Dalian) une importante base navale pour protéger ses intérêts dans la région.

Bien que numériquement très supérieure à son homologue nippone, l'armée russe devait se déployer de l'Atlantique au Pacifique, de Mourmansk à Vladivostok, donc sur un territoire immense - quasiment la moitié du globe - et ce à une époque où le chemin de fer Transsibérien (qui venait à peine d'être achevé) constituait pour ainsi dire le seul moyen de communication à peu près fiable.

De même, sa marine de guerre était scindée en trois parties d'importance à peu près égale : l'escadre du Pacifique (essentiellement stationnée à Port Arthur), celle de la Mer Noire, et celle de la Mer Baltique, séparées les unes des autres par des dizaines de milliers de kilomètres...

1 commentaire:

Anonyme a dit...

Bonjour..
Concernant la construction et la montée en puissance de la flotte de guerre japonaise, les anglais n'ont pas été les seuls fournisseurs:
le Japon s'est d'abord tourné vers la France, vers 1880, et le grand ingénieur naval Emile Bertin a passé plusieurs années au japon suite à un accord entre les deux gouvernements.

C'est Bertin qui a déterminé les emplacements des arsenaux (Sasebo et autres) fait construire les chantiers , les formes de radoub, les cales de lancement, les ateliers..etc
Toute la première génération des navires de guerre japonais (en gros ceux ont servi contre les chinois) étaient dessinés par Bertin. Par la suite, l'appétit venant en mangeant , les Japonais ont voulu plus gros et plus fort et se sont tournés vers les anglais , suite aussi à des défauts de qualité (un navire commandé à l'Arsenal de Toulon a mystérieusement disparu pendant son convoyage vers l'extrême -orient).
C'est la seconde génération des navires de guerre japonais (sur plans anglais ou sortis des chantiers anglais ) qui a été le fer de lance à Port Arthur et Tsoushima.
Il y a un livre basé sur les archives de la famile d'Emile Bertin , qui raconte très bien cette montée en puissance de la marine de guerre japonaise . Le titre en est "les fleurs d'acier du Mikado"de christian dedet , chez Flammarion.

Les japonais avaient été littéralement traumatisés par l'arrivée des navires noirs (les vapeurs du commodore Perry, un yankee venu imposer à coups de canons aux nippons un humiliant traité de libre échange)...come quoi tout change et rien ne change (voir l'Europe et le TAFTA)