samedi 19 septembre 2026

9398 - "à la mémoire de braves marins de la part de leurs camarades de la marine de commerce britannique"

Langsdorff, à l’enterrement des morts du Graf Sppe. Notez les saluts nazis dans l'assistance
… 15 décembre 1939

Mais en attendant l’issue du compte à rebours, Langsdorff n’en doit pas moins satisfaire de multiples obligations, à commencer bien sûr par présider, le 15 décembre, l’enterrement des 36 marins du Graf Spee décédés lors du combat, cérémonie à laquelle assistent d’ailleurs pas moins de 5 000 personnes, germanophiles ou non.

"Au milieu des couronnes offertes par la colonie allemande de Montevideo, il s’en trouvait une donnée par les 60 marins anglais prisonniers dont le gouvernement de l’Uruguay avait immédiatement exigé la libération. Elle était dédiée "à la mémoire de braves marins de la part de leurs camarades de la marine de commerce britannique" (1)

Dans la rade de Montevideo, le Graf Spee est quant à lui devenu une véritable attraction touristique : les citoyens de la ville se pressent en effet dans de petites embarcations qui font le tour du Panzerschiff, contemplent les dommages dus au combat… et se demandent quand celui-ci va y retourner pour affronter les navires britanniques qui l’attendent au large et dont on aperçoit parfois tantôt la fumée, tantôt l’un ou l’autre de leurs hydravions d’observation.

Le dénouement de toute cette affaire n’est pourtant plus très loin,… comme en témoigne d’ailleurs la liberté de mouvements rendue à l’Altmark qui, jusqu’ici, mais toujours à bonne distance, avait - rappelons-nous - toujours fidèlement et très discrètement accompagné le Graf Spee dans toutes ses aventures. 

A présent débarrassé de ses obligations, le pétrolier-ravitailleur, dans les cales duquel se trouvent près de 300 marins britanniques capturés lors des différentes prises du Graf Spee, a donc repris le chemin de l’Allemagne, ce qui, dans quelques semaines, va d'ailleurs lui valoir de se trouver bien malgré lui à l’origine d’un grave incident diplomatique, dont nous parlerons dans notre prochaine chronique…

(1) Mordal, op cit, page 145-146 

vendredi 18 septembre 2026

9397 - 72 heures... et puis après ?

Le Graf Spee, à Montevideo : 72 heures de sursis,... et puis après ?
… car enfin si le Graf Spee n’est pas parvenu, le 13 décembre, à se débarrasser de trois croiseurs britanniques lancés à sa poursuite, comment pourrait-il y arriver quatre jours plus tard,… a fortiori si l’on considère qu’à 10 000 tonnes et 8 canons de 203mm, le Cumberland est tout de même supérieur à l’Exeter de 8 000 tonnes et 6 canons de même calibre ?

Au large, l’Ajax et l’Achilles sont certes endommagés, mais le Graf Spee l’est également et le Cumberland, lui, est intact. Et si Harwood attend des renforts à plus ou moins brève échéance, Langsdorff n'a rien à espérer de ce côté.

Et comme si cela ne suffisait pas encore, il y a le problème des munitions : après les combats du 13 décembre, le Graf Spee ne dispose plus que du quart, au mieux du tiers, de sa dotation en obus de 280mm - les seuls qui peuvent mettre en péril les croiseurs britanniques - et il n’a bien sûr aucune chance de recevoir un quelconque réapprovisionnement qui devrait venir directement d'Allemagne !

S’il reprend la mer et affronte les croiseurs britanniques, le feu du Panzerschiff ne tardera pas à faiblir, et lui-même à succomber sous les coups de ses adversaires. 

Ce sera une défaite glorieuse, certes, mais une défaite quand même, et une défaite qui coûtera inévitablement, et inutilement, la vie à quantités de marins et d’officiers allemands.

A mesure que les heures s’écoulent et que se rapproche l’expiration du délai, il est de plus en plus clair que l’ultime choix qui s’offre à Langsdorff n’en est pas vraiment un…

jeudi 17 septembre 2026

9396 - que peut-on encore faire ?

Le Graf Spee, à Montevideo. Notez les éclats de shrapnels et l'hydravion incendié sur la catpulte
… le Graf Spee ne peut donc espérer recevoir aucun secours d’aucune sorte, ni même bénéficier d’un délai qui lui permettrait de se remettre réellement en état de combattre.

Alors que peut-il encore faire ?

En pratique, ses choix se limitent à trois possibilités : se laisser interner et désarmer sur place; quitter Montevideo et se réfugier cette fois dans un port argentin; ou alors reprendre la mer en direction de l’Atlantique,… et y affronter les trois croiseurs britanniques qui l’attendent imperturbablement à la sortie de l’estuaire.

La première possibilité - se laisser interner et désarmer - est exclue par principe, d’abord parce qu’elle représenterait, pour la Kriegsmarine, pour l’Allemagne, et aussi pour Hitler lui-même (!), une humiliation intolérable, et ensuite parce qu’elle permettrait sans doute aux Britanniques de monter à un moment ou un autre à bord du Graf Spee, et d’en percer ainsi les différents secrets.

L’option argentine est évidemment plus séduisante,… mais seulement sur le papier. 

Car si le gouvernement de Buenos Aires est de fait plus favorable au Reich que celui de Montevideo, on voit mal comment celui-ci pourrait à présent accorder au Graf Spee, et justifier auprès des Britanniques comme de l’opinion publique internationale, un délai de plusieurs semaines alors qu’une commission technique uruguayenne vient tout juste d’estimer que trois jours suffiraient à ce dernier pour reprendre la mer !

Ne reste donc plus que la troisième possibilité.

Mais avec quelles chances de succès ?

mercredi 16 septembre 2026

9395 - "J’étais prisonnier sur le Graf Spee"

"J'étais prisonnier sur le Graf Spee" l'amitié improbable entre un capitaine britannique et son geôlier allemand

… dans la matinée du 14 décembre, Langsdorff a fait débarquer ses morts et ses blessés, mais aussi, et comme l’exigent les Conventions internationales, la soixantaine de  prisonniers encore détenus à son bord, à commencer par Patrick Dove.

Patrick Dove, rappelons-nous, c'est l’irascible commandant du tanker Africa Shell qui, depuis la capture et la destruction de son bâtiment au large des côtes du Mozambique, puis de sa propre incarcération sur le Graf Spee, le 15 novembre, a néanmoins progressivement noué des liens d’amitié avec Langsdorff, dont il dressera d’ailleurs, et pour la petite Histoire, un portrait pour le moins flatteur dans son futur livre "J’étais prisonnier sur le Graf Spee"

Ces formalités accomplies, et après l’inévitable rencontre avec les plénipotentiaires allemands en poste à Montevideo, et les non moins inévitables rapports et compte-rendus expédiés à Berlin, Langsdorff a tranquillement attendu à son bord la venue des membres de la commission technique désignée par l’Inspecteur général de la Marine uruguayenne, auxquelles il a remis une "liste des avaries affectant la capacité du navire à reprendre la mer"

Mais le problème - et il est de taille - c’est que, dans leur rapport, les membres de la dite commission ne vont pas du tout arriver aux mêmes conclusions que lui et, en substance, écrire que les réparations les plus essentielles, selon les termes de la Convention de La Haye, peuvent être effectuées "sous trois jours".

"En conséquence, le gouvernement uruguayen accorda un délai de 72 heures, malgré les protestations du Chargé d’Affaires d’Allemagne, M. Langmann qui, d’après les conclusions d’un expert allemand arrivé par avion, avait réclamé quinze jours au minimum" (1)

Chez les Allemands, c’est évidemment la douche froide…

(1) Mordal, op cit, page 145

mardi 15 septembre 2026

9394 - le temps de la réflexion

Le Cumberland (ici en 1944) : le seul renfort britannique à arriver avant le sabordage du Graf Spee
… Montévideo, 14 décembre 1939, 19h00

Car côté allemand, on n’a pas du tout la même notion du temps, et on veut surtout se donner celui… de la réflexion !

Car que pourrait-on bien faire pour venir en aide au Graf Spee, et surtout lui venir en aide à l’endroit où il se trouve ?

Compte tenu l’infériorité numérique écrasante de la Kriegsmarine, et des renforts que la Royal Navy va nécessairement expédier sur place - le croiseur Cumberland est déjà attendu dans les prochaines heures - il n’est évidemment pas question d’envoyer le moindre navire de surface à la rescousse. 

Mais peut-être des sous-marins pourraient-ils faire l’affaire ?

Convoqué, le grand-maître des U-boot, Karl Doenitz, balaye aussitôt cette possibilité : de là où ils se trouvent en ce moment, déclare-t-il, les quelques sous-marins dont il dispose auraient absolument besoin d’au-moins un ravitaillement en mer pour rejoindre le Rio de la Plata, y mener des opérations offensives, puis revenir en Allemagne (1)

Et en admettant-même que le problème du ravitaillement en mer puisse être résolu, ils ne sauraient, ajoute-t-il, être sur place avant la seconde quinzaine de janvier 1940 !

Les Uruguayens, mis sous pression par les Britanniques, n’accepteront jamais un tel délai,… et d’autant moins que, sur le coup de 19h00, une commission d’enquête uruguayenne, composée d’officiers et d’ingénieurs navals, vient de monter sur le Panzerschiffe et ne va pas tarder à remettre un rapport aux conclusions diamétralement opposées à celle du capitaine Langsdorff…

(1) à cette date, la France étant encore belligérante et la traversée par La Manche exclue à cause des champs de mines, les U-boot partis d’Allemagne sont contraints de remonter toute la Mer du Nord jusqu’au-delà de l’Écosse avant de pouvoir gagner l’Atlantique.

lundi 14 septembre 2026

9393 - l'heure des diplomates

Le Graf Spee, à Montevideo : une attraction touristique pour la population locale
… Montevideo, 14 décembre 1939, 00h50

Peu après minuit, le Graf Spee mouille donc devant Montevideo, choix a priori étrange - l’Uruguay ayant en effet la réputation d’être bien moins germanophile que l'Argentine voisine, et abritant de surcroît une bien moins grande communauté d’origine allemande - mais choix finalement sans grande conséquence en regard du Droit international. 

En effet, et selon les termes de la Convention de La Haye, un navire de guerre belligérant ne peut faire escale dans un pays neutre, "sans justifier des raisons de force majeure : avaries sérieuses l’empêchant de tenir la mer, blessés graves à hospitaliser, besoins urgents de vivres ou de mazout. S’il n’avait pas d’avaries, il devrait avoir vidé les lieux dans les 24 heures. Si des réparations étaient indispensables, elles devraient se limiter au strict nécessaire pour tenir la mer" (1)

Enfin, et point le plus important, "si le Spee ne se conformait pas à ces règlements, l’Uruguay devrait l’interner" (2)

Or, dès l’arrivée du Panzerschiff, le gouvernement uruguayen se retrouve assiégé autant par les diplomates britanniques, qui exigent qu’il déguerpisse au plus vite, que par les diplomates allemands,… qui réclament au contraire qu’il y demeure le plus longtemps possible !

Dans l’ignorance des avaries réelles du Graf Spee, et parce qu’ils craignent de voir celui-ci reprendre rapidement la mer, les Britanniques sont toutefois prêts à accepter un délai de quelques jours… qui leur permettra d’acheminer d’importants renforts sur place, à commencer par le croiseur lourd de 10 000 tonnes Cumberland qui, en réparations aux Falklands, a levé l’ancre dès l’annonce de la bataille et va réussir à rallier l’estuaire du Rio de la Plata dans les dernières minutes du 14 décembre en ayant parcouru près de 1 800 km à pas moins de 30 nœuds.

D’accord donc pour quelques jours… mais pas quelques semaines…

(1) et (2) Jacques Mordal, 25 siècles de guerre sur mer, tome II, page 144 

dimanche 13 septembre 2026

9392 - chercher un refuge

… 19h00

A ce stade, Harwood ignore encore les véritables intentions de Langsdorff : son idée à lui est simplement de suivre le Graf Spee à bonne distance jusqu’à la tombée de la nuit, puis de profiter de l'obscurité pour l'attaquer à la torpille.

Mais l’Allemand, incapable de réparer en pleine mer son système de purification de diesel, a déjà décidé de mettre le cap vers l’Uruguay, pays neutre, et plus précisément vers le port de Montevideo où, espère-t-il, il pourra remettre son navire en état et faire soigner ses propres blessés.

Tout le reste de la journée, et jusqu’en début de soirée, débute alors une étrange partie de chasse à deux contre un - l’Exeter ayant à présent pris la route des Falklands - où l’Ajax et l’Achilles, en arrière et respectivement sur le bâbord et le tribord du Graf Spee, se contentent de pister le Panzerschiff qui, de son côté, leur expédie de temps à autres une bordée de 280mm, juste pour leur rappeler de se tenir à bonne distance de lui.

Vers 19h00, chacun, dans le camp anglais, comprend que le Graf Spee se dirige bel et bien droit vers l’estuaire du Rio de la Plata, avec l’intention évidente de chercher refuge soit en Uruguay, soit, en poursuivant quelque peu sa route, en Argentine.

L’Uruguay et l’Argentine étant pays neutres, il n’est pas question de le poursuivre jusque-là,… et encore moins de guerroyer au beau milieu des ports de Montevideo ou Buenos Aires !

Après une dernière bordée du Panzerschiff vers l’Achilles, sur le coup de 21h00, les deux croiseurs britanniques abandonnent donc la poursuite et se postent en faction devant l’estuaire, et à la limite des eaux territoriales.

Le bruit des combats ayant cessé, place maintenant à celui, plus feutré, de la diplomatie… 

samedi 12 septembre 2026

9391 - les picadors

Le croiseur Ajax, navire-amiral du commodore Harwood à la Bataille du Rio de la Plata
… 07h25

Dans l’intervalle, l'Ajax et l'Achilles en ont profité pour se rapprocher du Panzerschiff allemand et pour le canonner avec une efficacité, il faut bien le dire, très relative au niveau des canons, et totalement nulle au niveau des torpilles, auxquelles le Graf Spee échappe à chaque fois sans dommage.

Pour les croiseurs britanniques, qui agissent comme des picadors, l’idée est pourtant moins de terrasser leur adversaire que de le fatiguer progressivement, et aussi de le contraindre à épuiser ses munitions dont il ne peut espérer, contrairement à eux, recevoir aucun réapprovisionnement ni, d’ailleurs, bénéficier du moindre renfort.

Reste qu’en agissant ainsi, ils se condamnent inévitablement à recevoir de nombreux coups.

A 07h25, un 280mm met ainsi hors service les deux tourelles arrière de l’Ajax. Quinze minutes plus tard, alors que le Graf Spee est lui-même en pleine retraite vers l’Ouest, Harwood qui ne dispose plus que de deux croiseurs à peine opérationnels, décide de se donner un peu d’air, en virant temporairement vers l’Est sous le couvert d’un écran de fumée, avant de remettre le cap à l’Ouest, à la poursuite du Graf Spee.

Vers 09h00, la distance entre les deux adversaires est montée à près de 25 km, soit au-delà de la portée utile des 152mm anglais, mais aussi des 280mm allemands qui, à moins d’un coup véritablement miraculeux, n’ont à présent plus aucune chance de mettre au but.

L’affaire est cependant loin d’être terminée… 

vendredi 11 septembre 2026

9390 - à l'insu de tous...

Les cheminées de l'Exeter, elles aussi transformées en passoires...
… en pratique, l’Exeter n’est désormais plus qu’une épave à peine flottante, qui prend l’eau de toute part, et qui n’a  pour ainsi dire plus un seul canon en état de fonctionnement !

Au cours de cet engagement, le croiseur a en effet été touché par pas moins de sept obus de 280mm, qui ont tué ou blessé une centaine de marins et d’officiers, et si ses machines n’ont - heureusement - subi aucun dommage, son utilité dans la poursuite du Graf Spee est désormais nulle, ce pourquoi le commodore Harwood va bientôt, à regret, lui ordonner de se retirer du champ de bataille pour aller se faire réparer, autant que faire ce peut, aux Falklands.

Aux Falklands, et plus précisément à Port Stanley, il n’y a pourtant rien qui permettrait de le remettre minimalement en état de combattre à nouveau. 

Mais l’essentiel est ailleurs, car les Falklands sont en effet territoire britannique, ce qui, à défaut d’autre chose, évitera du moins au croiseur éclopé de se retrouver sous la menace d’un internement par un gouvernement étranger, comme cela va bientôt - mais n’anticipons pas - arriver au Graf Spee.

Dans l’immédiat, c’est en tout cas la frustration qui règne parmi l’équipage, où chacun aurait bien voulu poursuivre la lutte et expédier le Panzerschiff allemand au Royaume de Neptune !

A l’insu de tous, pourtant, l’Exeter a bel et bien rempli sa mission et scellé le sort de la bataille, car un de ses obus de 203mm a en effet frappé le Graf Spee en-dessous de la cheminée et, surtout, mis complètement hors service le système de purification de diesel de l’Allemand, sans lequel ses moteurs sont maintenant condamnés à plus ou moins brève échéance, à tomber en panne…

jeudi 10 septembre 2026

9389 - en mauvaise posture

Tourelles avant de l'Exeter, après la bataille. Notez également les éclats au niveau de la passerelle
… 06h26

De fait, dès 06h23, un premier "near miss" provoque d’importants dégâts sur la plage arrière de l’Exeter, et déclenche un début d’incendie qui force à jeter les deux hydravions du croiseur à la mer.

Encore trois minutes, et un autre 280mm explose cette fois sur la tourelle numéro 2, la met irrémédiablement hors service, et, surtout, projette d’innombrables éclats qui transforment la passerelle en passoire et tuent instantanément tous ceux qui s’y trouvent, à l’exception de trois hommes, dont le commandant lui-même, qui se voit néanmoins réduit, pour tout le reste de la bataille, à diriger son croiseur depuis la passerelle arrière, avec un simple compas de navigation, et en transmettant ses ordres par messagers car les communications sont désormais coupées dans tous les compartiments du navire !

Et le calvaire du malheureux Exeter n’est pas terminé puisque, dix minutes plus tard, deux autres obus de 280mm le frappent de plein fouet, le premier au niveau de la tourelle numéro 1, qui se tait aussitôt, le second au niveau de la coque.

Pour répliquer au Graf Spee, ne reste donc plus que la tourelle numéro 3, à l’arrière, mais qui, le contrôle de tir central ayant été détruit, doit toutefois opérer "à vue"… ou plus exactement avec un officier perché sur son toit et qui, avec de simples jumelles, s’efforce de diriger le tir avec une précision, on s’en doute, très relative !

De toute manière, la gîte du croiseur, qui atteint 7 degrés sur tribord, est telle qu’elle va bientôt bloquer le mécanisme de rotation de la tourelle, et la rendre à son tour inopérante.

Même si ses machines sont intactes, l'Exeter est à présent en très mauvaise posture... 

mercredi 9 septembre 2026

9388 - Messieurs les Allemands, tirez les premiers...

Le croiseur lourd Exeter, cible principale du Graf Spee
… 06h18

Le temps que Langsdorff se rende compte de sa méprise, puis fasse demi-tour, la distance entre Allemands et Britanniques est tombée à 17 000 mètres, soit déjà à la mesure des petits 152mm des croiseurs légers anglais !

Son avantage de portée ainsi réduit à néant dès le début de la bataille, Langsdorff ne peut désormais plus compter que sur le punch supérieur de ses pièces de 280mm.

Messieurs les Allemands, tirez les premiers : le temps est superbe, la visibilité exceptionnelle,... et les Allemands effectivement les premiers à ouvrir le feu, à 06h18. 
 
L’Exeter réplique deux minutes plus tard, bientôt suivi par l’Achilles et l’Ajax.

La canonnade ne tarde pas à faire rage, mais alors que les canons britanniques n’ont - et pour cause - qu’une seule cible sur laquelle tirer, les 280mm du Graf Spee semblent hésiter sur la conduite à tenir, alternent les tirs d’un bord puis de l’autre, avant de finalement les concentrer sur le seul Exeter.

Conséquence inévitable : l’Ajax et l’Achilles ne sont donc ciblés que par les pièces secondaires de 150mm du Graf Spee,… pièces d’autant moins efficaces qu’il n’y en a en fait que quatre qui peuvent tirer du même bord !

Reste que, conformément à la réputation qu’ils ont acquise depuis la 1ère G.M., les Allemands tirent bien, et en fait bien mieux que les Britanniques, lesquels vont rapidement y laisser de nombreuses plumes…

mardi 8 septembre 2026

9387 - quand l'avantage disparait

Les croiseurs britanniques enveloppent le Graf Spee, qui finit par faire demi-tour vers Montevideo
… 13 décembre 1939, 06h10

A 06h10, le 13 décembre, les vigies des croiseurs britanniques, qui depuis plusieurs jours convergent vers le Rio de la Plata, aperçoivent une fumée sur leur nord-ouest.

Harwood, qui a sa marque sur l’Ajax, décide alors de dépêcher l’Exeter pour enquêter, et, quelques minutes plus tard, et par Aldis, ce dernier signale qu’il pense être en présence d’un Panzerschiffe allemand identifié comme l’Admiral Scheer

Scheer ou Graf Spee, peu importe : conformément au plan établi en cas de rencontre, les croiseurs britanniques manœuvrent aussitôt afin de prendre l’Allemand en tenaille, l’Exeter virant vers le Nord-Ouest, l’Ajax et l’Achilles vers le Nord-Est.

Sur le Graf Spee, on s’est également aperçu de l’arrivée de plusieurs navires. Mais si les guetteurs ont correctement reconnu un croiseur lourd britannique, les deux plus petits bâtiments qui l’accompagnent sont plutôt identifiés comme de simples destroyers, et l’ensemble comme l’escorte d’un probable et fort tentant convoi de cargos.

Le lancement de l’hydravion de reconnaissance dont dispose le Graf Spee, et qui jusqu'ici lui a rendu d'inestimables services, dissiperait immédiatement cette erreur,… si le dit hydravion n’avait précisément  décidé depuis la veille de se faire porter pâle, sans que quiconque soit en mesure de le remettre en état !

Conséquence de cette méprise, et de l’impossibilité de la dissiper avant plusieurs minutes,  Langsdorff, au lieu de chercher à se dérober, décide au contraire d’engager le combat en se précipitant vers les Britanniques à pleine vitesse, réduisant inévitablement la distance qui les sépare de lui,… et annihilant du même coup l’avantage de portée que lui offrent ses canons de 280mm…

(1) à cette date, l’Admiral Scheer n’avait cependant toujours pas quitté les eaux allemandes

lundi 7 septembre 2026

9386 - ... et à ma droite

Henry Harwood : l'obligation de se tenir au plus près de son adversaire...
… car le hasard veut qu’au milieu des années 1930, alors qu’il se trouvait en poste au Royal Naval College de Greenwich,Harwood ait déjà théorisé ce que devrait être, selon lui, la conduite à suivre en cas d’affrontement entre un escadron de croiseurs britanniques et un Panzerschiff allemand.

Pour Harwood, et schématiquement, l’escadron britannique devra impérativement attaquer de deux bords différents en même temps, contraignant ainsi le Panzerschiff soit à répliquer également des deux bords, en divisant inévitablement son tir, dès lors rendu beaucoup moins dévastateur, soit à se concentrer sur un seul bord, en acceptant alors de se livrer sans défense aux coups venant de l’autre bord.

Et bien au-delà de cette tactique, Harwood dispose d’un formidable atout dans sa manche ...

... la possibilité de rameuter d’importants renforts ! 

Car même s’il parvient à mettre hors de combat l’un ou l’autre de ses adversaires, voire même les trois (!), Langsdorff aura encore un long, très long chemin à faire, et surtout à faire seul (!), pour s’en retourner jusqu’en Allemagne, un chemin où il aura toutes les chances de croiser un voire plusieurs porte-avions ou cuirassé britannique sur sa route,... et d’autant moins de chances d’y survivre qu’il risque fort, après son premier combat au large du Rio de la Plata, d’y avoir lui-même laissé bien des plumes !

En pratique d’ailleurs, et considérée froidement, la perte totale de trois croiseurs pourrait encore être considérée comme une victoire,... en autant qu’elle se traduise au bout du comte par la destruction d’un Panzerschiff : la Royal Navy disposant en effet d’une supériorité numérique écrasante sur une Kriegsmarine dores et déjà condamnée à ne plus mettre en chantier un seul nouveau navire de ligne…

dimanche 6 septembre 2026

9385 - à ma gauche...

Hans Langsdorff (tête nue), se reposant sur la plage arrière du Graf Spee
… à ma gauche, l’Admiral Graf Spee, 13 000 tonnes sur la bascule, et six canons de 280mm et huit de 150mm.

A ma droite, le croiseur lourd Exeter, 9 000 tonnes et six canons de 203mm, et les croiseurs légers Achilles et Ajax, avec chacun 7 000 tonnes et huit canons de 152mm, soit seize au total.

A ma gauche, un "cuirassé de poche" de conception supposément "révolutionnaire", mais néanmoins limité à une vitesse maximale de 28 nœuds.

A ma droite, trois croiseurs on ne peut plus classiques, qui lui rendent énormément de punch et d’allonge, mais qui peuvent filer à 32 nœuds, soit 4 de plus.

Ainsi peut-on résumer les forces et faiblesses des uns et des autres, mais surtout la stratégie que devront mettre en œuvre leurs commandants respectifs pour l’emporter !

Incapable de distancer son adversaire, Hans Langsdorff devra en effet s’efforcer de le maintenir le plus loin possible, afin de lui asséner des coups dévastateurs à une distance où ce dernier ne pourra répliquer.

A contrario, Henry Harwood n’aura d’autre choix que de se rapprocher autant qu’il peut, et donc accepter de recevoir des coups jusqu’à ce que ses propres pièces arrivent à portée de tir, puis de se maintenir à cette distance quoi qu’il advienne !

La tâche du Britannique est donc, de loin, la plus difficile

En apparence du moins…

samedi 5 septembre 2026

9384 - toute bonne chose a nécessairement une fin

Le Streonshalh à l'agonie, vu depuis le Graf Spee.
… du 30 septembre au 7 décembre, un peu plus de neuf semaines après que l'autorisation lui ait été accordée par Hitler, le Graf Spee a donc réussi à capturer et couler neuf cargos tout en échappant à la vigilance des dizaines de navires de guerre envoyés à sa recherche par les Français et les Britanniques.

Mais toute bonne chose a nécessairement une fin.

En examinant les positions successives des derniers messages de détresse reçus depuis le 2 décembre, soit depuis ceux du Doric Star, le commodore Harwood en a conclu que le Panzerschiffe se dirige à présent vers l’Argentine, et plus précisément vers le Rio de la Plata, où ce grand prédateur ne manquera pas de trouver de nouvelles proies.

Un rapide calcul lui a ensuite permis d’estimer que, depuis sa dernière position connue, celle du Streonshalh, et à sa vitesse de croisière économique la plus probable, soit environ 15 nœuds, il devrait y arriver dans l’après-midi du 12 décembre.

Ne lui reste plus maintenant qu’à dicter un cap et une vitesse pour arriver sur place en même temps que lui, à espérer que ses conclusions et supputations soient bonnes,… et à prier le Ciel et tous les dieux de la guerre navale pour que le combat prévu se solde par une victoire, ce qui, a priori, n’a rien d’évident !

Car le Graf Spee n’est-il pas un "cuirassé de poche", et même le plus récent d’entre-eux ? Et ne dispose-t-il pas de pièces de 280mm qui peuvent frapper bien plus fort, et surtout bien plus loin, que les canons dont ses propres croiseurs sont équipés ?

Comment l'emporter face à lui ? 

 

vendredi 4 septembre 2026

9383 - la 9ème victime

L'équipage du Streonshalh, invité à assister aux derniers instants de leur cargo, au fond de l'image
… 7 décembre 1939

Mais comme cela c’était déjà passé avec le Doric Star le jour précédant, le Tairoa, sitôt la véritable identité du Graf Spee révélée, s’empresse de multiplier les signaux d’alerte,... et demeure sourd à ceux du Graf Spee, qui lui ordonne de mettre immédiatement fin à ses transmissions, avant de finalement se résoudre à tirer quelques obus de 150mm sur ses installations radio.

Cette formalité accomplie, et selon une routine désormais bien réglée, l’équipage récalcitrant est contraint de quitter le bord puis de monter à bord du Panzerschiff qui, avec une torpille et quelques obus bien placés, expédie ensuite le Tairoa dans les abysses.

Et de huit.

Trois jours plus tard, cap à l’Ouest, le Graf Spee retrouve l’Altmark et, toujours selon la même routine, lui transfère la plupart des prisonniers du Tairoa, mais aussi du Doric Star, ne conservant à son bord que les commandants et quelques officiers des deux bâtiments.

Le lendemain, 7 décembre, à quelque 1 700 km de Rio de Janeiro, c’est au tour du vapeur Streonshalh, un 6 000 tonnes chargé de viande congelée en route vers Londres, de tomber sous les griffes du Graf Spee.

Conformément, là encore, à l’habitude, Langsdorff, après avoir contraint le vapeur à s’arrêter et à cesser ses appels de détresse, envoie à son bord une petite équipe de marins, lesquels contraignent l’équipage du vapeur à abandonner le navire et à monter sur le Graf Spee, puis installent dans ses cales des charges de démolition qui, avec l’aide de quelques obus, ont tôt fait d’envoyer le Streonshalh rejoindre le Tairoa au Royaume de Neptune

Et de neuf…

jeudi 3 septembre 2026

9382 - une forme de routine

La fausse tourelle du Graf Spee, simplement fixée sur la passerelle existante 
… 3 décembre 1939

Les charges de démolition s’avérant néanmoins insuffisantes, le Graf Spee tire alors quelques obus, et finalement une torpille sur le Doric Star, qui s’engloutit sous les flots.

C’est la septième victime du Panzerschiffe allemand.

Comme à l’accoutumée, l’équipage du Doric Star, à l’exception de son capitaine et de quelques officiers, est ensuite transféré sur l’Altmark, permettant ainsi au Graf Spee de se remettre à la recherche d’une autre proie.

Le problème, c’est que les multiples messages de détresse du Doric Star ont enfin permis aux Britanniques de se faire une bonne idée de la position actuelle, et aussi des futures intentions du Graf Spee.

Pour le commodore Henry Harwood, qui commande une petite escadre composée du croiseur lourd Exeter et des croiseurs légers Achilles et Ajax, il parait clair que le Graf Spee cherchera ses prochaines proies dans les environs du Rio de la Plata, vaste estuaire de près de 300 km séparant l’Argentine de l’Uruguay. 

Et de fait, telle est bien l’intention de Langsdorff, qui a fait mettre le cap en direction des côtes argentines. 

Le 3 décembre, une nouvelle cible se présente à lui sous la forme d’un autre cargo mixte : le 8 000 tonnes Tairoa…

mercredi 2 septembre 2026

9381 - "je suis attaqué par un corsaire !"

La fausse 2ème tourelle du Graf Spee. Notez, au-dessus, le panneau "cessez vos émissions radio ou je tire"
… 2 décembre 1939

Le 21 novembre, soit le jour-même de l’appareillage des Scharnhorst et Gneisenau, le Graf Spee a quant à lui doublé le Cap de Bonne-Espérance, s’en est retourné tranquillement dans l’Atlantique Sud, puis n’a strictement rien fait durant une dizaine de jours, si ce n’est attendre une occasion favorable se ravitailler auprès de l’Altmark,… et ériger une fausse deuxième cheminée et une encore plus fausse deuxième tourelle à l’avant (!) histoire de modifier sa silhouette par trop caractéristique et de ressembler ainsi quelque peu à un croiseur britannique.

De toute manière, faute de proie, autant occuper les hommes à quelque chose…

Le 2 décembre, l’occasion favorable se présente enfin, sous la forme du cargo mixte de 10 000 tonnes Doric Star, repéré par l’hydravion de reconnaissance du Graf Spee, lequel s’empresse de fondre sur lui et de tirer un premier puis un deuxième coup de semonce afin de le forcer à s’arrêter.

Sur le Doric Star, justement, l’opérateur radio multiplie les messages de détresse R-R-R "je suis attaqué par un corsaire !", et continue de les émettre même après que le Graf Spee, qui n’est plus qu’à quelques kilomètres, lui ait indiqué par lampe Aldis l’ordre formel de cesser immédiatement ses émissions.

Encore quelques minutes et, la situation étant à présent désespérée, le Doric Star obtempère, cesse d’émettre, met en panne, et descend les échelles de coupée pour permettre à l’équipe de prise du Graf Spee de monter à bord.;

Selon une procédure désormais bien rodée, les Allemands arrêtent alors l’équipage, le transfèrent sur le Graf Spee, et installent les charges de démolition dans les entrailles du Doric Star… 

mardi 1 septembre 2026

9380 - la mort du Rawalpindi

Le combat du paquebot Rawalpindi, ou quand David se fait écraser par Goliath
… Îles Feroé, 23 novembre 1939

Car après le triomphe populaire de l’U-47 et de son commandant, Günther Prien, et le retour, celui-là dans l’indifférence générale et avec un palmarès dérisoire, du Panzerschiffe Deutschland, les Schlachtschiff Scharnhorst et Gneisenau vont maintenant s'efforcer de restaurer la réputation et l'honneur de la flotte de surface, en appareillant le 21 novembre pour leur première mission de guerre : une reconnaissance armée au large des Îles Feroé, qui permettra de les mettre à l’épreuve mais aussi, en attirant toute l’attention des Britanniques et des Français, d’offrir au Graf Spee un retour plus tranquille dans l’Atlantique Sud.

Dans la soirée du 23, la route des deux bâtiments allemands croise en tout cas celle du Rawalpindi, un ancien paquebot de 17 000 tonnes de la P&O sur lequel les Britanniques ont boulonné huit vieux canons de 150mm afin de le transformer en croiseur auxiliaire.

La lutte est évidemment inégale : malgré une défense héroïque - et même un coup au but sur le Scharnhorst ! - le malheureux paquebot, écrasé sous les obus de 280mm, coule en moins d’une heure, non sans avoir eu le temps de couvrir les ondes de messages de détresse de nature à rameuter une bonne partie de la Royal Navy !

Inutile d’insister : de toute la vitesse dont ils sont capables, les croiseurs de bataille allemands battent aussitôt en retraite vers Wilhelmshaven, qu’ils réussissent à rallier sans encombre dans la nuit du 27 novembre.

Toute victoire est certes bonne à prendre, mais contrairement à celle du U-47, celle-ci n’a vraiment rien pour enflammer l’imagination du Führer,... et d’autant moins que dans cette croisière de moins d’une semaine, les deux bâtiments ont eux-mêmes subi de lourds dommages, non pas du fait de leurs poursuivants, qui ne sont jamais rendus à portée de tir, mais bien de la tempête (1), laquelle a fait rage pendant toute leur retraite, au point de les contraindre maintenant à entrer en cale sèche pour plusieurs mois afin d’y être remis en état...

(1) tout au long de leur carrière, les Scharnhorst et Gneisenau souffriront d'une très mauvaise tenue par mer agitée, et ce malgré le remplacement complet de leur étrave  

lundi 31 août 2026

9379 - le retour du Graf Spee

Le petit tanker côtier Africa Shell, sixième victime du Graf Spee
… Canal de Mozambique, 15 novembre 1939

Car pour l’heure, il est maintenant temps de revenir à la croisière du Graf Spee, que nous avons abandonné le 22 octobre 1939, lorsque, après avoir détruit le cargo Trevanion et s’être emparé de son équipage, le Panzerschiffe a retraité en direction de l’Océan Indien, histoire de se faire oublier des dizaines de navires de guerre et d’avions que Britanniques et Français ont lancé à sa recherche.

Mais le 15 novembre, la nouvelle se répand que le très modeste tanker côtier britannique Africa Shell, qui jauge à peine 800 tonnes, a été abordé et coulé par un mystérieux raider allemand dans le Canal du Mozambique, au large de Lourenço Marques (1)

C’est bel et bien l’œuvre du Graf Spee qui, après avoir ordonné à l’Africa Shell de s’arrêter, a envoyé une équipe de prise à son bord, laquelle s'est emparée de toute la nourriture, puis a fait sauter le tanker à l’explosif, non sans avoir ordonné au préalable à tout l’équipage de monter dans les canots de sauvetage et de ramer en direction du Mozambique, dont la côte n’est qu’à quelques kilomètres.

Tout l’équipage… sauf Patrick Dove, commandant de l’Africa Shell, emmené comme prisonnier à bord du Graf Spee, et d’autant plus mécontent de l’être qu’il estime, à raison, faire l’objet d’un acte de piraterie puisqu’au moment de l’abordage, son navire se trouvait non pas en eaux internationales, mais bien dans celles du Portugal (2), pays neutre.

Eaux internationales ou portugaises, qu’importe : l’Africa Shell est désormais la sixième victime du Graf Spee qui, son forfait accompli, décide de s’en retourner dans l’Atlantique Sud en profitant d’une diversion menée six jours plus tard par les Schlachtschiff Scharnhorst et Gneisenau, dont ce sera la première sortie de guerre…

(1) aujourd’hui Maputo, Mozambique
(2) découvert en 1498 par le navigateur portugais Vasco de Gama, le Mozambique était alors une colonie portugaise