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| Le Colorado américain de 1921 : 33 000 tonnes et 8 canons de 406mm |
Même s’ils impressionnent toujours les foules, et continuent aujourd’hui de fasciner les grands et petits enfants avec leurs énormes canons, leurs épaisses plaques de blindage, et aussi leur look tellement badass, les cuirassés n’ont jamais, durant ces quatre années de guerre, fait la preuve d’une quelconque utilité guerrière, et en tout cas jamais justifié les sommes colossales investies en eux.
Mais après cette guerre où ils n’ont donc fait, au mieux, qu’une vague et fort lointaine figuration, et de surcroit maintes fois démontré leur grande vulnérabilité aux mines et aux sous-marins - en attendant de la démontrer un jour face aux avions - le plus extraordinaire, en définitive, est que les cuirassés, loin de tomber immédiatement dans l’oubli, vont au contraire continuer de drainer les crédits militaires, et continuer de croître en tonnage, en puissance et, bien évidemment, en coût !
Du Dreadnought de 18 000 tonnes et 10 canons de 305mm de 1906, on était déjà passé en moins de dix ans ans au Warspite de 32 000 tonnes et 8 canons de 381mm. Mais à la signature de l’Armistice, Américains et Japonais, pour ne parler que d’eux, sont sur le point de lancer des cuirassés, comme le Colorado de 1921, dotés de pièces de 406mm théoriquement capables d'envoyer un obus de 1 200 kilos à près de 40 kilomètres, et dans vingt ans, on verra carrément des cuirassés japonais avouer 70 000 tonnes et 9 canons de 460mm… et préfigurant eux-mêmes d’hypothétiques navires encore plus gros et dotés de pièces de 510mm !
Naturellement, cette croissance vertigineuse de la taille des canons et du poids des obus - un 406mm est environ 300 kilos plus lourd qu'un 380mm, lui-même de 500 kilos plus lourd qu'un 305mm ! - n’ira pas sans poser d'immenses problèmes mécaniques mais aussi financiers, que ce soit dans la manière d'assurer la rotation des tourelles, l'élévation des pièces, ou l'acheminement des obus depuis les soutes jusqu'aux canons…
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