Et non contente de grossir sans cesse, la boule de neige accumule et fédère de plus de en plus de mécontents : de la simple libération des marins qui se sont rebellés le 30 octobre, on est presque aussitôt passé à "Frieden und Brot !" ("La Paix et du Pain !"), avant d’en venir à des revendications aussi diverses que l’instauration de la Liberté de Presse, des élections ouvertes à tous, et, inévitablement, un changement radical du régime politique allant jusqu’à la volonté de renverser le Kaiser lui-même !
Et la boule de neige est devenue d’autant plus inarrêtable que les Autorités allemandes sont elles-mêmes occupées à se déliter d’heure en heure : plus personne ne sait qui commande, ni même qui a encore envie de commander !
Le 6 novembre, Wilhelmshaven passe aux mains d’un conseil d'ouvriers et de soldats calqué sur le modèle du soviet russe, tandis que, dans le port, le drapeau rouge s’en vient tranquillement remplacer le pavillon impérial sur la plupart des navires de la Hochseeflotte.
Le 7 novembre, les révolutionnaires s’emparent de toutes les villes côtières d’Allemagne, mais aussi de Stuttgart, Francfort ou Munich, ville que le Roi Louis III de Bavière doit fuir en catastrophe pour l’Autriche.
Le lendemain, le Royaume de Bavière est même officiellement aboli et remplacé par un éphémère État populaire de Bavière.
Tout va maintenant de plus en plus vite : le 9 novembre, après avoir gagné Berlin, la Révolution, ou plutôt le maréchal Hindenburg, rattrape Guillaume II, qui s'est réfugié à Spa (1), au Château de la Fraineuse…
(1) la ville de Spa, en Belgique occupée, abritait alors le Q.G. de l'Armée allemande

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