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| Le croiseur de bataille Queen Mary, déchiré par les explosions |
Et c’est particulièrement vrai d’Alfred Chatfield, capitaine de pavillon de Beatty, qui, après la bataille, écrira, avec un détachement très britannique, que "l’Indefatigable était un navire plus petit et moins bien protégé que ceux de la 1ère Division (1) et, à ce titre, ne représentait pas une grande perte au niveau tactique" !
Et de fait, au niveau… tactique, il a raison, puisque l’arrivée des quatre super-dreadnought fait plus que rétablir l’équilibre, qui rendu à cinq contre cinq, repasse instantanément à neuf contre cinq !
Arrivé à extrême portée de tir, le Barham d’Evan Thomas, réussit même bientôt à décocher un 381mm qui atteint le Von der Tann sous la flottaison et lui fait embarquer 600 tonnes d'eau.
Les super-dreadnought tirent bien, et bien mieux que les croiseurs de bataille, mais leurs projectiles, qui n'ont jamais été éprouvés au combat, sont manifestement défectueux et se contentent le plus souvent d'exploser sur les blindages allemands sans réussir à les transpercer, ce qui permet donc à Hipper et à ses navires d'échapper à l'anéantissement.
Mieux : à 16h25, sous l'effet des tirs conjugués du Seydlitz et du Derfflinger, c'est maintenant le Queen Mary, le meilleur "buteur" du côté anglais, qui disparaît à son tour dans une série d’explosions qui ne laissent qu'une vingtaine de survivants sur un équipage de près de treize cents hommes !
Et Beatty, comme s’il voulait rivaliser en matière de détachement, se tourne alors vers son capitaine de pavillon et se contente lui aussi d'un commentaire laconique : "Il semble, Chatfield, qu'il y ait quelque chose qui cloche avec nos foutus bateaux"…
(1) la 1ère Division était composée des Queen Mary, Princess Royal et Tiger qui, comme le Lion, portaient des pièces de 343mm, contrairement aux plus anciens New Zealand et Indefatigable de la 2ème Division, qui ne disposaient que de 305mm

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