lundi 16 février 2026

9183 - mourir en beauté

La fin des Scharnhorst et Gneisenau, victimes de bien plus fort qu'eux...

... 16h17

Brûlant d’un bord à l’autre, le Scharnhorst dégage maintenant une telle fumée que le Gneisenau pourrait peut-être en profiter pour s'enfuir, en se dérobant derrière elle.

Mais fidèle jusqu’au bout à son chef de file, le croiseur-cuirassé allemand se maintient au contraire imperturbablement dans son sillage, en tirant lui aussi de toutes ses pièces restantes sur les deux croiseurs de bataille anglais qui, tels un boxeur poids lourd opposé à un adversaire poids plume, encaissent sans broncher et répliquent de quelques frappes dévastatrices.

Spee n’a plus qu’à mourir en beauté : à 16h17, le Scharnhorst, réduit à l’état d’épave, talonne brusquement et, en une fraction de seconde, et ses hélices tournant encore, s’engloutit par l’avant avec tout son équipage, et Spee lui-même.

Il n’y a aucun survivant.

Le Gneisenau tire encore, mais il n’est plus lui aussi qu’un amas de ferrailles en flammes, que son équipage survivant évacue à 18h00, juste avant qu’il ne sombre à son tour.

La destruction des Leipzig et Nürnberg complète alors le triomphe britannique : à la tombée de la nuit, et à l’exception du Dresden toujours en fuite (1), toute l’escadre de Spee a été envoyée par le fond, en même temps que 1 900 marins allemands, soit 90% des équipages !

(1) repassé dans le Pacifique, et à court de munitions, le Dresden se sabordera près des côtes chiliennes, le 14 mars 1915

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