mercredi 24 décembre 2025

9129 - un cas n'est pas l'autre...

2 septembre 1945 : à Hanoï, Ho Chi Minh proclame unilatéralement l'Indépendance du Vietnam

… Hanoï, 2 septembre 1945

Prévue depuis 10 ans, et acceptée depuis 10 ans par la puissance coloniale, l’Indépendance des Philippines est en quelque sorte l’antithèse de celle du Vietnam.

Le 9 mars 1945, rappelons-nous, les Japonais, qui contrôlaient et occupaient le Vietnam, ont en effet décapité - au figuré mais aussi et très souvent au propre - l'ensemble des responsables politiques et militaires français du territoire, en sorte que lorsque Ho Chi Minh, quant à lui discrètement soutenu depuis 1942 par les Américains et leur OSS, proclame unilatéralement l’Indépendance à Hanoï le 2 septembre 1945, soit le jour-même de la Capitulation japonaise, celle-ci est immédiatement rejetée par la France… qui, malheureusement pour elle, n’a pour l’heure aucun moyen de s’y opposer !

Dans une France exsangue et ruinée par la guerre, avec une population au mieux indifférente et au pire favorable aux Indépendantistes et à Ho Chi Minh, et avec des Américains qui n’ont aucune sympathie pour De Gaulle et le colonialisme français, rassembler de tels moyens est en effet tout sauf facile, et de fait, ceux-ci vont mettre des semaines, et même des mois, avant d’arriver sur place, en nombre néanmoins insuffisant pour espérer faire plier les Indépendantistes.

Mieux vaudrait sans doute négocier un compromis, une quelconque formule de "souveraineté-association", qui aurait le mérite de satisfaire ces derniers tout en maintenant le territoire dans la sphère française.

Telle est est tout cas la solution préconisée par le général Leclerc qui, à son retour du Vietnam, en juillet 1946, écrit, fort lucidement, qu'il a "recommandé au gouvernement la reconnaissance de l’État du Vietnam, il n'y avait pas d’autre solution. Il ne pouvait être question de reconquérir le Nord par les armes, nous n'en avions pas, et nous n'en aurions jamais les moyens (…) Il faut garder le Vietnam dans l'Union française, voilà le but, même s'il faut parler d'Indépendance"

Ho, qui il est vrai n’a lui non plus pas encore les moyens de ses ambitions, n’est a priori pas opposé à une formule de ce genre. Des pourparlers laborieux s’engagent donc qui, à terme, pourraient - peut-être - déboucher sur un accord, mais, en novembre 1946, tout déraille définitivement… 

2 commentaires:

D Furtif a dit...

[...."en nombre néanmoins insuffisant pour espérer véritablement faire vaincre les" Indépendantistes".........]
en nombre néanmoins insuffisant pour espérer véritablement [..........] vaincre les Indépendantistes.
Merci pour votre immense travail
Joyeux Noël
Donatien Le Furtif

Anonyme a dit...

On voit arriver la lamentable erreur de l'amiral Thierry d'Argenlieu (dit "l'amiral Ruolz" car "tient lieu d'argenterie", subtile contrepéterie née dans les carrés de la "Royale" , ou encore le "Carme Naval" car il appartenait à l'ordre religieux des Carmes déchaussés et portait souvent des sandales)...

Personnage d'une autre époque, qui , tout gaulliste qu'il ait été , s'est révélé tout aussi brutal avec le bombardement de Haïphong que son prédécesseur pétainiste (un fanatique de la discipline , l'amiral Decoux (l'humour des carrés l'avait surnommé l'amiral "pan! pan!" -deux coups , ce qui convenait bien à ce "pète sec" de la discipline) qui , "à la barre de l'Indochine", avait réprimé férocement tout ce qui pouvait être un opposant à Pétain (gaulliste, socialiste , indépendantiste ou communiste supposé ) en les expédiant dans des culs de basse fosse, fers aux pieds .
Entre Decoux et d'Argenlieu, l'Indochine française était "mal barrée" par des marins certes courageux et compétents dans leur domaine (Decoux avait brillamment mené la bataille de Koh Chang et anéanti la marine Thaïlandaise...une victoire pour rien vu le déferlement japonais) mais imperméables à la diplomatie et peu au fait de l'évolution géopolitique , contrairement au très raisonnable Jean Sainteny qui tâchait de ménager la chèvre et le chou.