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Une Indochine captive des Japonais... mais pas franchement désireuse de redevenir française... |
[Le général] Marshall avait cependant délégué toutes les décisions opérationnelles à Wedemeyer (1) à Chongqing, lequel invoquait les difficultés logistiques pour justifier la passivité américaine.
De tels arguments semblaient cependant peu convaincants. Le 29 mars, par exemple, deux C-47 de la 10ème Air Force furent ainsi envoyés de Chine au Tonkin afin d’évacuer le personnel de l'OSS ainsi que six aviateurs américains abattus.
Les Français furent furieux de les voir atterrir vides, sans même des cigarettes pour les colons démunis".
(…) Washington refusa également que le Corps Léger (3) de De Gaulle soit déployé en Asie. Des agents français parachutés dans la province du Tonkin par des avions britanniques et australiens furent même tués par le Vietminh.
Après d'atroces souffrances alors qu'ils luttaient à travers les jungles et les montagnes du nord du Vietnam, quelque 5 000 fugitifs français réussirent finalement à rallier la Chine.
Ils furent accueillis sans enthousiasme par l'ambassadeur américain Patrick Hurley, ce dernier insistant pour qu'ils soient rapidement renvoyés ailleurs, et les qualifiant de "réfugiés indisciplinés, non équipés, démunis et presque inutiles"
Avec des amis pareils, qui a encore besoin d'ennemis..
(1) le 27 octobre 1944, le général Albert Coady Wedemeyer avait succédé à Joseph Stilwell, rappelé aux États-Unis après un énième clash avec Tchang Kaï-chek
(2)Hastings, op cit
(3) en français dans le texte. Le Corps léger d'intervention (CLI) était une unité de commandos créée fin 1943 par De Gaulle dans le but de renforcer les troupes françaises d’Indochine. Elle n’arrivera cependant sur place qu’à l’automne 1945
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