mardi 15 juin 2021

6765 - j'en ai une plus grosse que la tienne...

Théodore Roosevelt, au départ de la Grande Flotte blanche : j'en ai une plus grosse que la tienne
… Hampton Roads (Virginie), 16 décembre 1907

Car en 1898, à l’occasion de la Guerre hispano-américaine (1), l’autre puissance montante, les jeunes États-Unis d’Amérique, qui viennent tout juste d’annexer Hawaï, ont quant à eux balayé ce qui restait de l’autrefois glorieux Empire espagnol, mettant au passage la main sur les colonies espagnoles de Porto-Rico, de Guam mais aussi, et surtout, des Philippines,… sises dans cet Océan Pacifique que le Japon a maintenant appris à considérer comme sien !

Mais dans ces conditions, autant bomber le torse et montrer qu'on ne craint rien ni personne, ce que le Président Théodore Roosevelt se décide à faire le 16 décembre 1907 à Hampton Roads (Virginie), en donnant à sa Great White Fleet, la Grande flotte blanche, le signal du départ d'une incroyable circumnavigation autour du globe, manière extraordinairement ostentatoire, bien que très raisonnablement pacifique, de démontrer à la face du monde la nouvelle puissance des États-Unis.

Et de fait, cette démonstration est en tout point spectaculaire, puisqu'en plus du tout nouveau cuirassé Kansas, où un jeune enseigne du nom de… William Halsey (!) vient d'être affecté, cette Great White Fleet comprend quinze autres cuirassés, une multitude de navires d'accompagnement, mais aussi quelque 14 000 officiers et marins (!), lesquels vont se lancer dans un périple de quatorze mois et de 80 000 km, sur des navires qui chauffent encore tous au charbon et exigeront donc la mise en œuvre d'une énorme, et fort coûteuse, logistique de ravitaillement !

Après quatorze mois de traversée et pas moins de vingt-six visites de courtoisie dans des ports étrangers - en ce compris chez le futur ennemi japonais (!) - la Great White Fleet est néanmoins de retour à Hampton Roads, auréolée d’une enviable réputation d’efficacité et de résilience, mais aussi d’une expérience assurément fort en utile dans la perspective des guerres à venir…

(1) sur la Guerre hispano-américaine : Saviez-vous que… 5328 à 5334

2 commentaires:

Anonyme a dit...

Bonjour!
Compliments pour ce blog ...au sujet de la great White Fleet , qui était une opération de propagande par excellence (montrer au monde entier que la flotte américaine avait-elle- la logistique pour se "projeter" sur des mers lointaines, contrairement à la calamiteuse odyssée de la flotte russe de Rojestwensky anéantie à Tsoushima) , il faut préciser que cette propagande était doublée d'un énorme bluff:

Les navires américains , y compris les plus récents étaient tous largement obsolètes, soit en raison de leur âge, soit , pour les plus récents, en raison de leur conception "pré dreadnought"...Si ces navires avaient figuré dans une bataille rangée (au hasard, le Jutland, moins de 10 ans plus tard) ils auraient été liquidés en quelques salves de gros canons, tout comme les croiseurs anglais de la Channel Fleet le furent par un sous marin, ou les quelques prédreadnoughts (tant allemands qu'anglais ) qui tentèrent de faire bonne figure au Jutland.
Tous l'Etat-major des deux marines en était d'ailleurs conscient : La Channel fleet anglaise était surnommée "Live Bait Fleet" (la flotte appât vivant) et les pré dreadnoughts étaient qualifiés de "Navires 5 minutes" le temps estimé de leur survivabilité au combat.

Ce qui n'était pas du bluff , par contre, c'était la force de frappe technique des chantiers navals et arsenaux américains, qui planchaient déjà sur la construction de dreadnoughts et super-dreadnoughts et réussirent l'exploit de fournir près de 250 destroyers de la Classe Clemson (les 4 tuyaux à pont plat "flush deck" dont beaucoup naviguaient encore lors de la 2° GM

Anonyme a dit...

"Futur ennemi japonais"...çà dépend de la perspective : lors de la 1° guerre mondiale les japonais étaient bel et bien alliés des anglo américains et au pacifique leurs navires de guerre participaient à l'escorte des convois et à la chasse à l'escadre de Von Spee.
Notamment lors de la poursuite du croiseur "corsaire" Emden (son combat ultime près des îles cocos dont il tentait de détruire la station radio et le nodal de câbles télégraphiques) le vice amiral Glossop faillit envoyer l'Ibuki, un croiseur japonais sous ses ordres puis se ravisa et mena la charge mortelle avec son propre croiseur le HMS Sydney.