vendredi 11 juin 2021

6761 - quand l'appétit vient en mangeant

Militaires de l'Alliance des 8 Nations, durant la Guerre des Boxers, gravure japonaise de 1900
… sans surprise, l’éclatante réussite de cette Première guerre sino-japonaise ne peut que renforcer les militaristes et nationalistes nippons dans leur conviction que le salut et l’avenir du Japon se situent… à l’extérieur des frontières du Japon, et plus particulièrement dans cet Empire chinois des Qing, certes gigantesque mais en pleine déliquescence et par ailleurs assailli de toutes parts par les puissances européennes.

Et sans surprise non plus, cette ambition nouvelle est condamnée à se heurter tôt ou tard à l’une ou l’autre de ces puissances ce qui, tout aussi inévitablement, pousse les mêmes militaristes et nationalistes nippons à réclamer, et obtenir, un accroissement vertigineux des dépenses militaires qui, en 1897, représentent pas moins de 55% d’un budget lui aussi en constante augmentation (1)

C’est par milliers, puis par dizaines de milliers, que l’Armée de Terre recrute de nouveaux  fantassins tandis que la Marine, pour l’heure encore incapable de trouver dans ses propres chantiers navals de quoi satisfaire ses appétits, multiplie les commandes de navires de guerre à travers toute l’Europe, mais plus particulièrement en Grande-Bretagne (2)

Et toutes ces armes nouvelles - faut-il vraiment s’en étonner - ne demandent maintenant plus qu’une occasion pour s’exprimer : si le Japon participe aux côtés des puissances européennes, dont la Russie, à la répression de la Révolte des Boxers, qui aboutit en 1901 à un nouveau démembrement de la Chine suivi, dix ans plus tard, par l’effondrement total de la Dynastie Qing, il ne tarde pas à se retrouver ensuite en conflit avec cette même Russie qui, elle aussi, lorgne à présent le soleil du Pacifique…

(1) par comparaison, les dépenses militaires du Japon actuel représentent à peine 2,5% du budget annuel de l’État
(2) le dernier gros navire de guerre japonais construit à l’étranger, le croiseur de bataille Kongo de 27 000 tonnes, sortira d’un chantier naval anglais à l’été 1913

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