samedi 16 novembre 2019

6208 - "même une guerre d’attrition est préférable à rester débout à regarder les Russes se battre"

Soldats indiens, à Cassino : une dette dont ils ignoraient l'existence...
… mais à ces contraintes aussi militaires que personnelles s’ajoutent, une fois de plus, les inévitables considérations politiques.
 
"Churchill, qui contemplait "sa" force à Anzio avec un dégoût qui virait à présent à l’appréhension, ne cessait de presser Alexander et Clark pour qu’ils continuent d’attaquer à Cassino
 
"Nous avons impérativement besoin de les [Allemands] tenir continuellement en haleine, et même une guerre d’attrition est préférable à rester débout à regarder les Russes se battre" (1)

Car avec la baleine à présent échouée sur le sable d’Anzio et sans espoir de s’en libérer à brève échéance, et un débarquement sur les côtes de France qui, dans la meilleure des hypothèses, ne sera lancé qu’au mois de mai, il importe plus que jamais de rassurer Staline sur la sincérité de ses alliés occidentaux occidentaux et leur intention d’en finir avec l’hydre nazie quel que soit le prix à payer !

Churchill, certes, n’apprécie pas Staline, et l’URSS, contrairement à la Grande-Bretagne, ne combat l’Allemagne que depuis le printemps de 1941, mais depuis cette date, c’est bel et bien elle qui a porté, et qui continue de porter, l’essentiel du fardeau.

Au plan politique, sacrifier des hommes à Cassino, même et peut-être surtout en pure perte (!), constitue donc une manière de s’acquitter de la dette contractée à l’égard des Soviétiques et de leur dictateur…

(1) Shelfold, op cit

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