mercredi 18 janvier 2017

5076 - le déni des réalités

Le Bachem "Natter" : viser les étoiles... et ne toucher que le ridicule
… en toute logique, et ne serait-ce que parce qu’elles le privent à chaque fois d’un grand nombre de combattants SS… ou de Juifs à exterminer, cette infernale succession de désastres devrait chagriner Himmler au plus haut point. 

Et pourtant, le Reichsführer déborde plus que jamais d’activités… et de projets plus délirants les uns que les autres, à l’image du Bachem "Natter", dont l’existence et la (très) brève carrière ne relèveraient que de l’anecdote si elle ne trahissaient également le déni des réalités dans lequel l’intéressé, mais aussi le Troisième Reich dans son ensemble, est en train de sombrer. 

A l’origine, il y a un constat : celui de l’impossibilité d’enterrer les aciéries, les hauts-fourneaux, les barrages ou encore les raffineries afin de les soustraire aux bombardements. 

Pour protéger ces installations vitales, on ne peut donc recourir qu’aux canons antiaériens (la célèbre Flak), aux missiles sol-air, ou aux avions de chasse, mais les premiers ont l’inconvénient d’être très imprécis (1), les seconds de ne pas du tout être au point (2),... et les troisièmes d’arriver trop souvent en retard, en plus de consommer d’énormes quantités d’un carburant devenu bien trop rare (3) 

L’idéal, en définitive, serait donc de disposer d’une sorte de missile… piloté, qu’on installerait sur une rampe de lancement, à proximité immédiate des installations., et qu’on lancerait vers le ciel dès l’arrivée des bombardiers ennemis. 

Compte tenu de l’urgence - pour ne pas dire du désespoir - de la situation, l’engin sera nécessairement simplifié à l’extrême, construit en matériaux non stratégiques (essentiellement du bois collé) et, si possible, récupérable,… à l’image du pilote lui-même, à qui l’on demandera, sitôt le ou les bombardier(s) abattu(s) de se parachuter plutôt que d’atterrir… 

(1) la destruction d'un seul gros bombardier allié était estimée à une moyenne de 4 057 obus en 1942, et de... 33 000 à la fin de 1944 (!) 
(2) ils ne ne seront d'ailleurs que bien après la guerre
(3) les 175 000 tonnes d'essence produites en avril 1944 étaient passées à 55 000 tonnes en juin, 16 000 en août, 7 000 en septembre et à peine 2 500 en octobre, alors que les seuls besoins mensuels de la Luftwaffe étaient estimés à... 150 000 tonnes

1 commentaire:

Anonyme a dit...

bonjour,

savez vous d'où vient cette énorme inflation d'obus tiré par les canons antiaériens pour détruire un bombardier?