mardi 23 mars 2010

2571 - soleil levant

... encore l’Allemagne nazie et ses soldats pouvaient-ils s’estimer heureux en regard de la situation que vivaient au même moment leurs alliés japonais et italiens.

Des deux, les Japonais étaient assurément les moins à plaindre.

Avant-guerre déjà, le Japon était en effet la première puissance économique et militaire en Asie.

Même si son industrie de guerre ne pouvait espérer rivaliser avec celle des États-Unis ou de la Grande-Bretagne, elle n'en faisait pas moins bonne figure dans plusieurs domaines, à commencer par l'Aéronavale où le Japon, avec 10 porte-avions et près de 600 avions embarqués, était même leader mondial.

Les faiblesses étaient néanmoins nombreuses, à commencer bien sûr par l’obligation d’importer par voie maritime la quasi-totalité des matières premières dont le pays était presque entièrement dépourvu.

Cette vulnérabilité se trouvait d'autre part aggravée par la totale insouciance des autorités nippones en matière de sécurité : contrairement à l’Allemagne nazie, le Japon impérial n’avait en effet rien prévu pour protéger ses usines et sa population contre d'éventuels raids aériens.

Cela s’expliquait bien sûr par le très grand isolement de cet archipel, situé à des milliers de kilomètres des côtes américaines, donc bien au-delà du rayon d'action théorique des bombardiers de la fin des années 1930.

Mais cela s'expliquait aussi par le refus obstiné, pour cette nation de samouraïs, d’envisager la moindre stratégie défensive, refus qui avait d'ailleurs incité la Marine impériale à se focaliser uniquement sur la construction de cuirassés et de porte-avions -armes offensives par excellence - au détriment de celles des navires de transport et d'escorte, pourtant indispensables pour ramener aux Japon les richesses arrachées aux pays conquis !

Insouciance et arrogance allaient avoir des conséquences dramatiques dès lors que les Américains seraient en mesure de mettre en service leur énormes quadrimoteurs B29, avec lesquels ils allaient incinérer les villes japonaises les unes après les autres, forçant alors les industriels nippons à déménager leurs usines en catastrophe et à délocaliser la production chez une multitude de petits sous-traitants parfaitement incapables de répondre à la demande, aussi bien en terme de quantité que de qualité.

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