vendredi 15 janvier 2010

2504 - "Je n’ai rien contre l’Islam"

.... "Je n’ai rien contre l’Islam", déclara un jour Himmler à Joseph Goebbels, "parce qu’elle éduque les hommes, qu’elle leur promet le paradis s’ils se battent et sont tués au combat, c’est une religion très pratique et très attirante pour les soldats" (1)

Ironiquement, ce gardien de l’orthodoxie raciale est également fasciné par le Grand Mufti de Jérusalem, chez qui il se plaît à imaginer des ancêtres aryens !

La perspective de s’en servir comme levier pour convaincre les quelque 350 millions de musulmans de rejoindre la cause et les rangs de l’Allemagne nazie est naturellement fort séduisante mais, dans ce domaine, il y a loin de la théorie à la pratique.

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Le Grand Mufti a beau prêcher la bonne parole, et passer fréquemment les volontaires musulmans en revue, cela ne transforme pas pour autant la Handschar en unité disciplinée, ni surtout animée de l’infatigable désir de se battre pour le Reich jusqu’à la "Victoire finale".

Un constat qui, en mars 1944 n'empêche pourtant pas Himmler d'approuver la création d'une nouvelle division SS musulmane - la 21e Waffen Gebirgs Division der SS - cette fois recrutée parmi la population d'Albanie et du Kosovo, et que l'on baptisera "Skanderbeg" dans un hommage, plutôt hors de propos, au plus grand héros de l'Histoire albanaise (2)

Trois mois plus tard, une troisième, et dernière, division verra le jour : la 23e Waffen Gebirgs Division der SS "Kama", recrutée en Croatie.

Mais à ce stade, il est déjà clair que le Reich a son avenir derrière lui : moins de 9 000 hommes - ce qui représente au mieux une demi-division - se présentent finalement à l’appel de la Skanderbeg (3), et moins de 4 000 à celui de la Kama...

Davantage encore que la Handschar, la Skanderbeg et la Kama vont passer le plus clair de leur temps à se livrer à des opérations de "purification ethnique" contre les Serbes et les Juifs, activité certes en conformité avec les théories raciales nazies, mais sans aucun intérêt sur le plan militaire ni sur l’issue du conflit.

A l’automne, la progression inexorable de l’Armée rouge va, comme à la Handschar, provoquer un nombre hallucinant de désertions dans leurs rangs : à la fin de l’année, la Skanderbeg est même réduite à un simple "Kampfgruppe" de quelques centaines d’hommes, qui continuent à se battre ici et là, avant de disparaître dans la nature ou d’être engloutis dans l’effondrement du Troisième Reich…

(1) Ailsby, op. cit., page 164
(2) de son vrai nom Gjerj Kastrioti, Skanderbeg était devenu général de l'armée ottomane avant de retourner en Albanie en 1443 pour y combattre l'Islam jusqu'à sa mort, en 1468
(3) un bon nombre proviennent d’ailleurs de la Handschar, ou sont en réalité des catholiques albanais ou même des Volksdeutsche originaires des Balkans.

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