dimanche 27 décembre 2009

- 2485 - "La guerre contre le bolchevisme donne à la France la chance inouïe de se trouver côte à côte avec ses adversaires d’hier"

… le 8 juillet 1941, la LVF est officiellement sur les rails et son comité directeur installé – admirez le symbole – dans les locaux… de l’agence de tourisme soviétique Intourist, désormais fermée !

Contrairement à celle de la Légion Wallonie, qui restera toujours sous la coupe du même Léon Degrelle, la direction de la LVF, provisoirement confiée à Eugène Deloncle, va très vite faire l’objet d’un roulement entre les chefs des différents partis collaborationnistes, qui entendent tous en tirer un surcroît de prestige et d’influence.

Dans la meilleure tradition française, ce partage continu du Pouvoir entre fortes têtes qui - et c'est un euphémisme - ne s’entendent guère va également donner naissance – et toujours à la différence de la Wallonie - à une bureaucratie pléthorique, volontiers kafkaïenne, et assurément fort coûteuse.

Pour payer la solde des futurs légionnaires,… et les salaires des chefs et du personnel administratif, on doit immédiatement, faute de financement public, recourir à des souscriptions. Or celles-ci - et c’est un autre euphémisme - ne soulèvent aucun enthousiasme, ce qui contraint donc l’ambassade d’Allemagne à éponger les dettes (1)

Mais le véritable enjeu, c’est évidemment de recruter des volontaires pour le Front de l’Est, ce qui, contrairement à ce que proclamaient les Collaborationnistes quelques jours plus tôt, est loin d’être facile.

Malgré une intense campagne de Propagande, la LVF n’attire pas les foules, et d’autant moins que, dès le départ, nombre de bureaux de recrutement sont vandalisés par des Français "ordinaires", qui sont sans doute prêts à fermer les yeux sur la présence de soldats allemands en France mais n’acceptent pas de voir d’autres Français se mettre au service de ces mêmes soldats allemands.

Comme il n’est pas question de céder au défaitisme… ni de perdre la face devant les autorités allemandes à qui l'on s’était fait fort de fournir jusqu’à 100 000 volontaires, on s’empresse d’organiser, au Vélodrome d’Hiver, une grande manifestation de soutien à la LVF

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Le 18 juillet, devant une foule disciplinée et entièrement acquise à leur cause, les leaders collaborationnistes se relaient donc à la tribune pour exprimer leur confiance dans cette Légion ainsi que leur foi en l’avenir des relations franco-allemandes.

"Cette Europe que nous n’avons pas su construire dans la paix sera demain l’Europe de l’ordre dressée contre le bolchevisme et le capitalisme anglo-saxon", s’exclame ainsi Marcel Déat. "La guerre contre le bolchevisme donne à la France la chance inouïe de se trouver côte à côte avec ses adversaires d’hier. Elle n’a pas le droit de la laisser passer", renchérit Jacques Doriot.

Reste néanmoins à en convaincre les Français…

(1) En pratique, l’argent versé par l’ambassade d’Allemagne à la LVF provenait tout simplement des coffres de la Banque de France, au titre des "frais d’Occupation"

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