
... le "28cm K5 auf Eisenbahnlafette", ou simplement "K-5", c'est "le gros bon sens" appliqué à l'Artillerie lourde. Et c'est aussi, probablement, le meilleur canon sur voie ferrée de tous les temps.
Son histoire commence en 1934, lorsque l'armée allemande, à la recherche de canons lourds, et consciente des limites du programme "sofort" (1) commande à Krupp une nouvelle pièce sur voie ferrée non seulement capable de tirer à plus de 50 kms, mais également suffisamment rustique pour être utilisable dans n'importe quelle condition, et avec un minimum de préparation et d'entretien.
Bref, une véritable machine de guerre, aux antipodes du monstrueux Dora et des délires technologiques du V-3, et qui va devenir le cheval de bataille de l'Artillerie allemande, opérant de la Scandinavie à la Méditerranée et du Mur de l'Atlantique à Stalingrad.Dans le K-5, rien n'est inutile ni surdimensionné. A 200 tonnes avec son berceau et ses deux bogies à six essieux, ce n'est évidemment pas une ballerine, mais c'est dans la bonne norme pour une pièce ferroviaire à longue portée.
Au calibre de 280mm, ses projectiles sont suffisamment puissants pour affronter n'importe quel navire de surface - sauf peut-être quelques rares et très gros cuirassés - ainsi que la plupart des fortifications bétonnées et tous les abris d'infanterie.A raison de 15 coups à l'heure, la cadence de tir est excellente pour une pièce lourde (2) sur rails (3) Et avec un poids d'environ 250 kilos, ses obus demeurent facilement transportables et manipulables sans engins de levage spéciaux.
Certes, la mise en oeuvre d'une telle arme nécessite toujours un train complet ainsi que la construction d'une table tournante pour l'orientation du canon. Et elle reste naturellement subordonnée à l'existence d'un réseau ferroviaire jusqu'à proximité du champ de bataille.
Mais c'est la norme du genre, à laquelle le K-5 se plie finalement mieux que la plupart des pièces ferroviaires équivalentes...
(1) Saviez-vous que... 2254
(2) par comparaison, le Dora de 800mm tire à environ un obus par heure
(3) du fait de l'absence d'un système automatisé d'acheminement des obus et charges de poudre, la cadence de tir des canons sur rails est inférieure à celle des batteries côtières et pièces de marine de même calibre.
(3) du fait de l'absence d'un système automatisé d'acheminement des obus et charges de poudre, la cadence de tir des canons sur rails est inférieure à celle des batteries côtières et pièces de marine de même calibre.
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