jeudi 21 mai 2009

2265 - le Graal des artilleurs

... dès l'apparition des premiers canons, les artilleurs s'étaient rendus compte qu'en augmentant la quantité de poudre, ils augmentaient la portée du tir,... et aussi que, passé un certain seuil, tout nouvel accroissement de la charge propulsive non seulement ne prolongeait plus le tir d'un seul centimètre, mais avait de surcroît toutes les chances de provoquer une explosion du canon aussi soudaine que brutale.

En effet, qu'il soit ou non chargé par la culasse, un canon ne dispose jamais que d'une seule chambre de combustion - tout à l'arrière de l'arme - laquelle ne peut accueillir qu'une quantité de poudre bien déterminée. Si on tente de repousser cette limite, en bourrant davantage le canon, la pièce risque d'éclater. Et même si elle n'éclate pas, les gaz supplémentaires générés au moment du tir ne servent à rien puisqu'au moment de leur production, l'obus a déjà été propulsé hors du tube.

L'idéal, au fond, serait de posséder un canon à chambres multiples, c-à-d un canon flanqué sut toute sa longueur de plusieurs culasses disposés en croisillons droits ou obliques, et disposant chacune de leur propre charge de poudre.

Mis à feu par la première culasse (à l’extrémité inférieure du tube), l’obus est alors propulsé à hauteur des deux premiers croisillons qui, mis à feu par un mécanisme électrique, procurent une poussée additionnelle à l’obus, lequel, ainsi accéléré, arrive alors à hauteur des deux croisillons suivants, et ainsi de suite.

Sur le papier, l'obus peut être accéléré bien au-delà des limites de l'artillerie conventionnelle, et sans que les pressions nécessaires à cette accélération fassent éclater la pièce.

En pratique, pareil canon présente cependant de nombreux inconvénients, à commencer par sa longueur, qui dépasse facilement les 50 mètres (!), et surtout l'impossibilité matérielle de déclencher chaque chambre additionnelle à l'instant précis - on parle en centièmes si pas en millièmes de secondes - où l'obus passe en face d'elle

En 1942, August Coenders, ingénieur chez Röchling - important fournisseur d'obus pour la Wehrmacht - pense néanmoins être en mesure de réaliser cette arme qu'on pourrait qualifier de Saint-Graal des artilleurs.

Le Troisième Reich va lui en donner les moyens...

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