... avec l'entrée en guerre de l'Italie, en 1915, Mussolini devient, comme Hitler, un simplecombattant du Front qui, toujours comme Hitler, ne dépassera jamais le grade de caporal.
Blessé en février 1917, il est alors réformé, et profite du retour à la vie civile pour revendiquer le droit des anciens combattants à gouverner l'Italie une fois la guerre terminée.
En mars 1919, dans une Italie en ruines, il crée alors son propre parti, les Fasci italiani di combattimento (Faisceaux italiens de combat), embryon du futur Partito Nazionale Fascista (Parti National Fasciste) qui reprend à son compte les revendications des anciens combattants, lesquels s'estiment floués par l'Armistice.
Nombre de ces revendications sont clairement d'inspiration socialiste, puisqu'on y trouve en vrac le suffrage universel pour les hommes et les femmes, la journée de travail de huit heures, un salaire minimum, la taxation du grand capital ou même la confiscation des biens d'Église.
Si les premiers militants de ce nouveau parti sont pour la plupart d'anciens combattants du Front, ce sont aussi d'anciens militants de gauche, issus du PSI ou des syndicats révolutionnaires.
Ironiquement, leur opposition viscérale aux communistes, qui multiplient les grèves, va bientôt leur valoir le soutien des industriels et grands propriétaires italiens, effrayés par le désordre révolutionnaire, et attirés par ces étranges fascistes, qui réclament certes des avancées sociales mais aussi la création d'un État fort, respectant les droits de propriété...
1 commentaire:
Bonjour!
Excellent blog, très utile pour les professeurs d'Histoire...
Imputer la montée du fascisme en Italie au seul Benito Mussolini est cependant un peu réducteur, il faudrait parler du thême récurrent de la "victoire mutilée", qui empoisonna l'Italie des années 20 et suivantes;
Après l'épuisante guerre d'usure dans la boue du Piave (le Verdun des Italiens) le désastre de Caporetto , la très coûteuse victoire de Vttorio Veneto et la boucherie de Goritzia, les italiens espéraient bien se tailler un bon bout de la côte Dalmate (où se trouvait une grosse minorité de population italophone) sur les dépouilles de l'empire austro-Hongrois, mais les "vrais" grands (Clémenceau , Lloyd Georges et Wilson)avaient d'autres vues, lors du désastreux Traité de Versailles, et créerent la Yougoslavie, en faisant d'Orlando et des Italiens les dindons de la farce.
Il se créa un climat nationaliste délétère , et surtout il se trouva un propagandiste aussi génial que mégalomane , aussi poétique que dangereux, couvert de (très belles ) femmes et d'(énormes) dettes,chouchou du peuple italien, le belliqueux Gabriel d'Annunzio, qui avait participé à des raids de MAS en compagnie de Luigi Rizzo et de Costanzo Ciano (le père du futur gendre de Mussolini) et avait été à l'origine du lp^cher aérien de tracts sur Vienne ...pour attiser les braises mal éteintes de la frustration nationaliste.
Le délire de l'occupation de Fiume (Rijeka) par ses "Arditi" (en chemises noires et salut à la romaine dès 1919 ) et la création d'une principauté d'opérette dans cette ville frontière peut paraître comique (genre grenouille de la fable de La Fontaine) mais illustre très bien le pouvoir du Verbe quand il parle à des masses réceptives.
Pour comprendre D'Annunzio et ses liens complexes avec le fascisme, il faut visiter le délirant musée du Vittoriale , sur les bords du lac de Garde, avec son croiseur de cent mêtres de long, mi marbre, mi ferraille , pendu à flanc de montagne , pointé vers l'est et la côte dalmate ....c'est un voyage au pays de la mégalomanie conquérante...et de la psychologie des masses.
Publier un commentaire