... pour la Luftwaffe, il était désormais plus facile de trouver des avions que de l'essence, et plus personne ne perdait son temps à réparer des avions endommagés quand tout cela existait neuf, à des centaines d'exemplaires.Comme le résuma un pilote : "Nous allions tout simplement au dépôt le plus proche, où étaient entreposés des centaines de [Messerschmitt] 109 flambant, neufs, des [versions] G-6, des G-14 et même des K. Plus rien n'était organisé, nulle part. Le chef du dépôt répondait "Nous avons des avions, prenez ceux que vous voulez". Avoir de l'essence était une entreprise bien plus difficile" (1)
Et quand par miracle on parvenait à trouver de l'essence, c'était au tour des pilotes de faire défaut.
"Chaque matin, nos pilotes prenaient leur petit-déjeuner et découvraient les remplaçants. Les plus anciens savaient que les nouveaux arrivants n'avaient que quelques jours à vivre. Ils avaient raison. Le niveau d'entraînement des pilotes sortis des écoles était si bas qu'ils finissaient par être abattus au bout de deux ou trois missions".
Les unités dotées de chasseurs à réaction étaient certes mieux loties en personnel et en essence, mais combattaient à un contre dix, sur des machines malgré tout très imparfaites.
Raisonnablement efficace contre les bombardiers, le Me-262 perdait de sa superbe contre les chasseurs alliés. S'il les surclassait facilement en vitesse pure, il n'offrait ni la maniabilité, ni l'autonomie, ni la fiabilité de ces derniers. Dans le meilleur des cas, l'affrontement entre un Me-262 et un Mustang ou un P-47 se soldait donc par un match nul. Mais, bien souvent, les chasseurs à moteur à pistons profitaient de leur nombre et de leur autonomie pour descendre les 262 au moment le plus défavorable pour eux, au décollage ou à l'atterrissage...
(1) ibid, page 90
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