... bombarder les crématoires d'Auschwitz à l'été ou à l'automne 1944 n'aurait en vérité rien changé à l'HolocausteComme le fait fort justement remarquer Laurence Rees, à supposer-même que les problèmes techniques (autonomie des avions, capacité à identifier la cible, etc.) aient été résolus, la grande majorité des quelques six millions de Juifs avait déjà été assassinée.
Depuis la fin officielle des déportations de Juifs hongrois (9 juillet 1944), les chambres à gaz d'Auschwitz ne fonctionnaient en effet plus qu'au ralenti.
"Au lieu des 10 000 tués par jour, le nombre de victimes tomba à une moyenne de moins de 1 500 personnes par jour et se maintint à peu près à ce niveau jusqu'en novembre - date de la fermeture des crématoires. Force est donc de conclure que, loin de sauver une "bonne partie des six millions", le bombardement du camp, à la suite des appels de l'été 1944 n'aurait sauvé personne. En vérité, du fait des dommages collatéraux infligés aux baraquements situés à quelques mètres seulement des crématoires, il aurait probablement fait des centaines de morts dans les rangs mêmes des détenus qu'il devait sauver".
La destruction des voies ferrées menant à Auschwitz - fréquemment évoquée elle aussi - n'aurait rien apporté de plus. D'abord parce que les voies ferrées se réparent très rapidement. Ensuite parce que leur destruction n'aurait de toute manière pas empêché les Allemands de faire stopper les trains en rase-campagne et d'en mitrailler les occupants ou, comme ils le firent à maintes reprises, de laisser les Juifs mourir de faim et d'épuisement à l'intérieur-même des wagons.
Même lorsqu'il fut connu des Alliés occidentaux, le sort des Juifs était déjà scellé depuis longtemps, et la libération des camps par voie terrestre, lorsqu'elle se produisit finalement quelques mois plus tard, allait démontrer que la tragédie était loin d'être terminée et que le massacre des Juifs pouvait tout aussi bien perdurer en l'absence de toute infrastructure...
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