lundi 19 décembre 2005

1016 - la plongée dans l'innommable

... si Auschwitz-Birkenau occupe tant de place dans la mémoire collective, c'est aussi à cause des expériences médicales qui y furent menées sur des détenus transformés en cobayes humains.

La collaboration des médecins avec le Pouvoir nazi avait déjà commencé à la fin des années 1930, à l'occasion de "l'action T4" ou euthanasie des malades et handicapés mentaux allemands. Elle se poursuivit tout naturellement dans les camps, non seulement par la nécessaire sélection entre ceux à gazer immédiatement et ceux jugés capables de travailler jusqu'à ce que mort s'ensuive, mais aussi par d'innommables expériences infligées aux détenus pour des raisons tenant bien plus du sadisme pur que de la curiosité scientifique.

La stérilisation forcée faisait bien entendu partie du programme, et correspondait d'ailleurs à une volonté - défendue notamment à Wannsee - de parvenir à l'élimination finale des Juifs, et plus généralement de tous les individus jugés dangereux pour la pérennité de la race aryenne. Après tout, une fois rendue incapable de procréer - ce qui était tout de même moins brutal qu'une balle dans la tête - la race juive finirait bien par disparaître.

"On testait sur elles l'effet de l'intensité des rayons X, expliqua Silvia Vesela. "C'était plus que pénible. Ces femmes passaient leur temps à vomir. (...) On les allongeait sur la table des rayons X comme pour une consultation gynécologique. Leurs jambes étant écartées, le médecin leur ouvrait la matrice et y injectait la substance. (...) Quant à moi, après chaque examen et injections [sur des d'autres détenues] j'allumais les rayons X pour voir si la femme était stérilisée et si ces ovaires étaient bien collés. Pour eux. nous n'étions pas des êtres humains. Nous étions des bêtes"

Le problème, c'est qu'en dépit de tous les efforts et de l'imagination des médecins, il ne fut jamais possible d'arriver à stériliser rapidement, définitivement, et pour un coût modique.
"J'étais malade et ils ont mené des expériences sur moi. Malheureusement, après la guerre, je me suis mariée et, malgré ces expériences, je suis tombée enceinte. J'ai dû subir un abominable avortement. Les médecins m'ont dit "Ça suffit ! Ne remettez plus jamais ça !"

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