... comme Rudolf Höss le fit candidement remarquer à Nuremberg, exterminer des centaines de milliers de personnes en quelques mois, et dans un espace aussi réduit que celui d'un camp, était un processus industriel de pointe, sujet à de multiples aléas et pannes diverses.Que les trains prennent du retard, ou s'avèrent insuffisamment remplis, et c'était la matière première à "évacuer" qui venait à manquer et réduisait l'usine de la Mort au chômage technique... avec les conséquences que cela impliquait sur la main d'oeuvre servile habituellement chargée des opérations, laquelle, devenue inutile, se retrouvait alors fréquemment jetée à son tour dans la gueule des chambres à gaz.
Inversement, lorsque les wagons venaient à se bousculer à l'entrée du camp, il pouvait arriver que le nombre de personnes à "évacuer" excède les capacités de "traitement" de l'usine, provoquant ainsi retards, incidents techniques, épuisement du personnel et gaspillage de précieuses ressources.
"A Belzec, il apparut bientôt que la capacité des chambres à gaz ne suffisait pas à "traiter" les effectifs prévus, si bien qu'en juin [1942] le camp ferma pour un mois, le temps d'aménager de nouvelles chambres à gaz. A Sobibor, le problème était à la fois la taille des chambres et des transports locaux. Le camp cessa ses activités entre août et octobre pour permettre aux Nazis de régler ces difficultés"
Mais c'est à Treblinka que surgirent les plus gros problèmes, lesquels entraînèrent finalement le limogeage de son directeur, Irmfried Eberl.
"L'ambition du Dr Eberl", raconta un SS de Treblinka, "était d'atteindre les effectifs les plus élevés possibles et de dépasser tous les autres camps. Les convois étaient arrivés en si grand nombre qu'on ne pouvait plus faire face au débarquement et au gazage"
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