... durant la Seconde Guerre mondiale, chaque belligérant s'efforça d'espionner son adversaire tout en empêchant ce dernier de lui rendre la pareille. On envoyait donc des avions d'observation surveiller l'ennemi,... et des avions de chasse encore plus nombreux pour interdire à cet ennemi de dépêcher ses propres avions d'observation.A ce petit jeu, l'Allemagne fut bientôt perdante : incapable de construire autant d'avions d'observation que ses adversaires, elle devait de surcroît les envoyer dans un ciel de plus en plus chargé de chasseurs alliés, qui ne demandaient qu'à les tailler en pièces.
Il fallait donc trouver autre chose, et concevoir un appareil volant plus haut, mais surtout beaucoup plus vite, que tout ce que les Alliés pourraient lui opposer, ce qui nécessitait non seulement un moteur puissant, mais aussi une cellule aérodynamiquement parfaite.
Bien que d'une fiabilité encore aléatoire, le moteur à réaction répondait au premier critère. Ne restait qu'à l'installer sur un avion spécialement conçu pour lui et sa mission d'espion ultra-rapide.
Aussi effilé qu'un crayon, et avec une surface frontale carrément minimaliste, le biréacteur Arado 234 répondit parfaitement à cet objectif.
A l'été 1944, l'Allemagne disposait enfin de l'avion-espion parfait, et du seul qui s'avéra capable de photographier les plages du débarquement et d'en revenir sans jamais avoir été inquiété. Jusqu'à la fin de la guerre, le 234 d'observation resta d'ailleurs quasiment invulnérable à toute forme d'interception, à la plus grande satisfaction de ses pilotes.
Mais puisqu'il était si parfait dans son rôle d'espion, Hitler décida de le transformer... en bombardier (!) N'osant déplaire au Führer, les ingénieurs d'Arado n'eurent d'autre choix que de greffer des lance-bombes externes au 234, ce qui imposa également de renforcer la structure, mais ne résolut en rien le probleme de la visée sur un avion qui, n'ayant jamais été pensé pour le bombardement, n'offrait qu'une visibilité médiocre sur les côtés, et à peu près nulle vers le bas...
De modifications en modifications, l'aérodynamique ne fit que se dégrader, et le poids d'augmenter, rendant dès lors l'appareil vulnérable aux chasseurs alliés. Il fallut alors se résigner à doubler le nombre de réacteurs, ce qui imposa un retour sur la planche à dessin, attendu que quatre réacteurs consommaient davantage que deux, et réclamaient donc des réservoirs plus gros et un avion plus grand (!)
Au final, la production du 234, déjà fortement ralentie par la guerre, devint carrément confidentielle : à la capitulation, seuls 210 appareils avaient été construits...
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