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| Les funérailles de Reinhard Scheer, à Weimar, en novembre 1918 |
Saviez-vous que...
mardi 7 juillet 2026
9324 - Que sont-ils devenus ? (4)
lundi 6 juillet 2026
9323 - Que sont-ils devenus ? (3)
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| Le Manoir de Doorn, au Pays-Bas, ultime résidence du Kaiser Guillaume II |
* contraint à l’abdication le 9 novembre 1918, le Kaiser Guillaume II eut toutefois la chance d’échapper au sort que les révolutionnaires bolcheviks infligèrent à son cousin "Nicky", et même à la Justice internationale, qui ne fut jamais en mesure de pousser la Reine des Pays-Bas, où il avait trouvé refuge, à l’expulser.
Ayant récupéré une bonne partie de ses biens personnels et de ses oeuvres d’Art, et même obtenu du nouveau gouvernement allemand qu’il lui verse une fort généreuse pension (!), le Kaiser déchu passa le reste de sa vie à l’abri du besoin dans son confortable Manoir de Doorn, déclinant en mai 1940 une invitation de Churchill qui lui avait offert l’asile après l’invasion des Pays Bas par l’Allemagne nazie.
Après son décès à Doorn le 4 juin 1941, à l’âge de 82 ans, le gouvernement allemand lui offrit de brèves funérailles militaires. Le Mausolée de Doorn, où repose son cercueil, est encore aujourd’hui régulièrement visité par les monarchistes allemands.
* après avoir commandé les croiseurs de bataille allemand au Jutland, et succédé à Reinhard Scheer à la tête de la Hochseeflotte en aout 1918, l’amiral Franz Hipper préféra laisser à son subordonné Ludwig von Reuter le soin de convoyer celle-ci jusqu’à sa dernière demeure de Scapa Flow, où elle se saborda le 21 juin 1919.
Sans aucun espoir de nouvelle affectation après l'Armistice et la défaite de l'Allemagne, Hipper prit sa retraite en décembre 1918, et mourut en mai 1932 dans un anonymat total, dont la Kriegsmarine d’Adolf Hitler et de l’amiral Raeder le fit néanmoins sortir en 1938, en donnant son nom à un nouveau croiseur lourd.
dimanche 5 juillet 2026
9322 - Que sont-ils devenus? (2)
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| L'Incomparable et ses canons de 508mm,: ultime et délirant projet de John Fisher |
Déjà largement dépassé au début de la 1ère G.M., il ne survécut pas longtemps à l’Armistice : décommissionné en mars 1920, il fut finalement ferraillé en 1923, avec pour unique et étrange fait d’armes le naufrage du sous-marin allemand U-29, qu’il avait éperonné et coulé en mars 1915
* pas plus qu’aucun autre responsable britannique, l’amiral Hugh Evan-Thomas, qui commandait la 5ème Escadre de Combat - autrement dit les super-dreadnought - lors de la Bataille du Jutland, ne fut publiquement blâmé pour son rôle dans cet affrontement, où il s’était tout de même montré incapable, à pas moins de deux reprises, de suivre les manoeuvres des croiseurs de bataille dont il devait assurer la protection.
Demeuré à la tête de la 5ème Escadre jusqu’en octobre 1918, Evan-Thomas, fut muté à terre en 1921, et prit sa retraite de la Marine en 1924. Jusqu’à son décès, en 1928, il livra régulièrement, et tout comme Beatty et Jellicoe, "sa vérité" sur les évènements du Jutland
* après avoir démissionné de son poste de Premier Lord de la Mer en 1910,… et l’avoir repris en 1914 (!), l’amiral John Fisher, "père" du dreadnought, du croiseur de bataille, puis du plus qu’étrange "grand croiseur léger", accoucha, en 1915, d’un projet encore plus délirant : le particulièrement bien nommé Incomparable (!), sorte de "très grand croiseur léger" de 48 000 tonnes, au blindage quasiment inexistant, mais doté de 6 canons de 508mm (!) et donné pour 35 noeuds, soit un authentique et monstrueux behemoth au coût qui s'annonçait rien moins qu'extravagant, mais dont Fisher lui-même estimait la durée de vie à seulement 10 ans !
Pour beaucoup, ce projet plus que titanesque était la preuve ultime du dérangement mental de cet homme de 74 ans que l’on avait jusque-là simplement considéré comme excentrique. Incapable de faire valoir ses vues, et victime, tout comme Churchill du désastre de Gallipoli, Fisher démissionna pour la seconde fois de son poste en mai 1915, et mourut d’un cancer en juillet 1920.
samedi 4 juillet 2026
9321 - Que sont-ils devenus (1)
* l’amiral David Beatty, qui commandait les croiseurs de bataille anglais au Jutland avant de devenir commandant-en-chef de la Grand Fleet à la place de Jellicoe, puis Premier Lord de la Mer… là encore à la place de Jellicoe, réussira, grâce à son entregent, et malgré plusieurs changements de gouvernement et toutes les restrictions d’effectifs de l’après-guerre, à conserver son poste jusqu’à son départ à la retraite, en 1927.
Mort en mars 1936, à l’âge de 65 ans, et après avoir successivement assisté à l’enterrement de Jellicoe et à celui du Roi George V, Beatty demeure, aujourd’hui encore, et tout comme Jellicoe, un personnage controversé, unanimement loué pour son courage au combat, mais souvent décrié pour sa manière brouillonne et par trop impétueuse de le mener, et aussi pour son incapacité à transmettre à Jellicoe les renseignements qui, au Jutland, auraient peut-être permis à celui-ci de remporter une véritable victoire.
* Winston Churchill, qui avait dû renoncer à son poste de Premier Lord de l’Amirauté en mai 1915 après le désastre des Dardanelles - dont il n’était pourtant pas personnellement responsable - rejoignit le Front belge, y servit comme lieutenant-colonel et, conformément à son habitude, survécut alors que tout le monde se faisait tuer autour de lui (!). Devenu Ministre des Munitions en 1917, il poursuivit ensuite sa carrière politique avec des hauts et des bas pendant plus d’une vingtaine d’années, étant notamment un des premiers à dénoncer la menace que faisait courir Adolf Hitler.
Redevenu Premier Lord de l’Amirauté en septembre 1939 suite au déclenchement de la 2ème G.M., il accéda au poste de Premier Ministre le 10 mai 1940, après la démission de Neville Chamberlain, et mena la Grande-Bretagne au combat durant toute la guerre. Battu aux élections générales de juillet 1945, il redevint Premier Ministre en octobre 1951, et le demeura jusqu’à sa démission, en avril 1955.
Demeuré Membre du Parlement, où il ne siégeait désormais plus que très rarement, jusqu’en septembre 1964, ce grand amateur de champagne, de cigares et de bons mots mais aussi - et on l’oublie toujours - Prix Nobel de Littérature en 1953 - s’éteignait le 24 janvier 1965, à 90 ans, après une véritable vie de légende…
vendredi 3 juillet 2026
9320 - l'éternel recommencement
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| La Kriegsmarine : la même obsession pour les cuirassés, et le même manque de moyens.... |
Durant plus de six mois, elle s’y morfondit à nouveau à l’ancre, en attendant que ses vainqueurs décident de son sort, puis, au bout du compte s’y saborda toute entière, pour ne pas se voir livrée toute entière à ceux-ci.
Les navires les plus puissants et les plus modernes ayant ainsi définitivement disparu, la Reichsmarine, soit la petite Marine militaire de la nouvelle République de Weimar qui avait douloureusement succédé à l’Empire allemand, fut donc condamnée quant à elle à ne pouvoir mettre en oeuvre qu’un poignée de cuirassés d’un autre âge et bien incapables de faire la guerre à qui que ce soit.
Une génération plus tard, après l’arrivée au Pouvoir d’un certain Adolf Hitler qui, pas plus que Guillaume II, n’entendait quoi que ce soit aux choses de la Mer mais connaissait très bien le prix des navires, son héritière Kriegsmarine entreprit elle aussi de construire, ou plutôt de reconstruire, une vaste flotte de combat articulée, une fois encore, autour de gros, puissants et fort coûteux cuirassés.
Mais pour les mêmes raisons, et pas plus qu’Ingenohl, Pohl, Scheer et finalement Hipper avant lui, son commandant-en-chef, l’amiral Erich Raeder, ne fut jamais en mesure d’en acquérir suffisamment pour en faire un outil capable de rivaliser avec la Royal Navy, et d’en triompher sur mer.
Dès le départ, et comme en 1914, la poignée de cuirassés et de croiseurs de bataille de cette Kriegsmarine fut donc condamnée elle aussi, sous peine de rapidement disparaître, à se morfondre à l’ancre pendant la quasi-totalité d’une nouvelle guerre mondiale, et aussi à voir les sous-marins accaparer progressivement la main d’oeuvre, les équipages, l’acier et les crédits qui lui avaient été destinés.
L’Histoire des guerres n’est jamais qu’un éternel recommencement…
jeudi 2 juillet 2026
9319 - Omnia est vanitas
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| Guillaume II, en uniforme de grand-amiral |
Scheer avait pourtant essayé, sans aucun succès, avant d’en tirer l’inévitable conclusion que la Hochseeflotte, quoi qu’elle entreprenne à présent, ne parviendrait jamais à réduire son handicap sur la Grand Fleet et, en l’état, ne servait donc plus à rien.
Ce constat implacable avait alors poussé chacun à abandonner la construction de nouveaux cuirassés et à reporter tous les efforts, et les espoirs, sur les sous-marins qui, malgré de bien meilleurs résultats d'ensemble, ne s'avérèrent pas davantage en mesure d’inverser le cours de la guerre.
Dans les derniers jours d’octobre 1918, soit en plein pourparlers d’Armistice, Scheer n’en décida pas moins de lancer la Hochseeflotte dans un ultime baroud, un baroud "pour l’Honneur", ou du moins l’idée qu’il s’en faisait.
Mais les équipages, démoralisés par des années d'immobilisme, qui n’aspiraient plus désormais qu’à la Paix et qui, pour beaucoup, rêvait d'une Allemagne soviétique, refusèrent alors de lever l’ancre et optèrent plutôt pour une mutinerie qui fit rapidement tâche d’huile, se propagea à toute l’Allemagne, et précipita autant l’Armistice du 11 novembre que l’abdication et la fuite du Kaiser lui-même.
Et l'ironie voulut que Guillaume II, qui avait misé l’avenir de son Empire, et énormément d’argent, sur la création d’une multitude de colonies d’outre-mer, et sur celle d’une vaste Marine destinée à protéger ces dernières, ait finalement été contraint de voir les premières disparaître dès les premiers mois de la guerre, et la seconde participer activement à sa chute.
Omnia est vanitas, tout n’est que vanité…
mercredi 1 juillet 2026
9318 - un piège trop illusoire
Pour les Allemands, et en particulier pour Reinhard Scheer, qui avait pris la tête de la Hochseeflotte au début de 1916, et qui craignait lui aussi de la voir succomber si elle tombait malencontreusement sur la Grand Fleet au grand complet, les opportunités de tendre un tel piège étaient donc extrêmement faibles, et les chances de le voir fonctionner l’étaient encore davantage.
Et c’était d’autant plus vrai qu'en sus de leurs nombreux atouts, les Britanniques en détenaient un autre, au moins aussi formidable, dans leur manche : un service de décryptage - la Room 40 - qui, sans être infaillible, était infiniment supérieur à son adversaire germanique et, en conséquence, largement en mesure de connaître les intentions de la flotte allemande avant-même qu’elle ne lève l’ancre !
Au Jutland, grâce aux renseignements ainsi obtenus, les dreadnought de Jellicoe, les croiseurs de bataille de Beatty et les super-dreadnought d’Evan Thomas avaient donc appareillé en masse plusieurs heures AVANT que les navires de Scheer et de Hipper n’en fassent de même, avec pour résultat que les seconds n’avaient pas tardé à tomber dans le piège qu’ils voulaient eux-mêmes tendre aux premiers, et n’avaient finalement dû leur salut que dans la fuite, pas mal de chance, et plusieurs erreurs de leurs adversaires.
Malgré cela, la Hochseeflotte avait, il est vrai, réussi à atteindre une partie de son objectif : détruire plus de navires ennemis qu’elle n’en avait perdu elle-même, mais ce résultat, pour flatteur pouvait-il sembler à première vue, et en particulier aux yeux de la Propagande, n’en était pas moins totalement insuffisant pour inverser le cours de la guerre…





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