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| Le Seydlitz, profondément enfoncé dans l'eau... mais toujours en marche |
Saviez-vous que...
vendredi 15 mai 2026
9271 - le croiseur qui refusait la mort
jeudi 14 mai 2026
9270 - le difficile retour au bercail
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| L'Engadine, recueillant les survivants du Warrior avant de le prendre en remorque |
Ses équipages, il est vrai, sont épuisés, et ses navires sont tous à court de charbon, de mazout ou tout simplement de munitions.
Lors des différents combats, la plupart d'entre-eux ont d'autre part subi des dommages plus ou moins sérieux, et certains sont même si mal en point qu'il s'efforcent depuis déjà plusieurs heures de rentrer vaille que vaille au port.
C’est le cas - nous l’avons vu - du super-dreadnought Warspite qui, malgré une attaque de sous-marin allemand, va réussir à rallier Rosyth dans la matinée, mais c’est aussi, et bien plus tristement, celui du croiseur-cuirassé Warrior qui, après avoir encaissé une quinzaine d’obus de gros calibre dans la soirée du 31 mai, puis été sauvé par l’apparition inopinée de ce même Warspite, est parvenu à se sortir du champ de tir avant d’être pris en remorque par le porte-hydravions Engadine, lequel a également recueilli les survivants de son équipage
Hélas, la mer s’est creusée dans la matinée du lendemain et le malheureux croiseur cuirassé, troué comme une passoire et prenant l'eau de toute part, a finalement rendu les armes à 08h25, avant de s’engloutir peu après.
Pour Jellicoe, ce naufrage est assurément un coup d’autant plus douloureux qu’en remettant le cap vers l’Angleterre, la Grand Fleet est littéralement passée à côté de la montre en or…
… le croiseur de bataille Seydlitz.
mercredi 13 mai 2026
9269 - le coup de grâce
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| Le croiseur-cuirassé Black Prince, sous le feu allemand |
"À 02h22, Jellicoe ordonna à tous les éléments de la flotte de rallier le corps principal. A 02h39, il modifia son cap vers le nord et forma une ligne de bataille unique, à l'exception de la 6ème division qui fermait la marche.
Mais, privés de leurs écrans [de croiseurs légers et de destroyers], les dreadnoughts de la Grand Fleet n'étaient manifestement pas prêts au combat. Leurs croiseurs et destroyers avaient été dispersés aux quatre vents par les événements de la nuit, et Jellicoe hésitait à affronter la Hochseeflotte sans eux" (1)
Le problème, c'est que la Hochseeflotte a disparu, et que la mer est maintenant vide devant lui !
"Les espoirs encore entretenus par la Grand Fleet, qui rêvait d'une confrontation décisive avec la Hochseeflotte, s'évanouissaient rapidement.
Le coup de grâce fut finalement porté vers 04h00 : Jellicoe reçut un signal de l'Amirauté l'informant qu'à 02h30, la Flotte de Haute Mer ne se trouvait plus qu'à 17 milles de Horns Reef.
Cela marquait véritablement la fin de tous les espoirs et de tous les rêves d'un véritable "Der Tag" en ce 1er juin : en effet, ce renseignement sans équivoque indiquait qu'au moment où il lui parvenait, les Allemands devaient déjà avoir gagné la sécurité du chenal de Horns Reef, sur la route du retour vers leur port d'attache.
Il n'y avait plus aucune chance de les rattraper : la Bataille du Jutland était terminée" (2)
mardi 12 mai 2026
9268 - l'ennemi quelque part dans la nuit
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| Combat de nuit au Jutland : l'ennemi à la seule lueur des projecteurs... |
L’un n’a pas d’autre choix que de combattre de nuit, l’autre veut à tout prix l’éviter; l’un s’est entraîné et équipé pour combattre de nuit, l’autre n’a rien entrepris en ce sens.
En conséquence, et malgré son infériorité autant en nombre de navires qu’en puissance de feu, Scheer va bel et bien réussir à passer en bousculant l’écran des croiseurs légers britanniques lors d’une succession d’affrontements extraordinairement confus, qui durent plus de deux heures, et dans lesquels Jellicoe, une fois de plus, ne voit rien, se méprend complètement sur les mouvements de son adversaire,… et ne reçoit aucun renseignement valable de la part de ses subordonnés qui, de leur côté, estiment par trop inconvenant de prévenir leur commandant–en-chef, persuadés qu’ils sont que celui-ci voit forcément la même chose qu’eux !
Tenus dans une obscurité à peine rompue de temps à autres par le faisceau d’un projecteur, la lueur d’un obus éclairant, ou l’incendie qui ravage l’un ou l’autre bâtiment, les combats reprennent donc peu après 22h00
Côté allemand, disparaissent ainsi les croiseurs légers Elbing, Frauenlog et Rostock, le pré-dreadnought Pommern et, surtout, le croiseur de bataille Lützow, ex navire-amiral de Hipper, qui, trop endommagé et prenant l’eau de toute part, est finalement abandonné par son équipage et sabordé à 02h45.
Côté britannique, on déplore la perte d’une demi-douzaine de torpilleurs et, surtout, celle du croiseur-cuirassé Black Prince qui, à l’instar du Defence quelques heures auparavant, s'est lui aussi retrouvé au mauvais endroit et au mauvais moment, c-à-d sous le feu direct de plusieurs cuirassés allemands
La Hochseeflotte est passée mais, sur l’Iron Duke, Jellicoe ne le sait pas encore…
lundi 11 mai 2026
9267 - l'un est préparé, l'autre pas...
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| Le Black Prince, sous les projecteurs allemands... beaucoup plus efficaces que les britanniques |
Faute de radars, qui, au mieux, ne sont encore qu’une vue de l’esprit, c’est une grave erreur,... et une erreur dont sera également victime la Navy américaine dans 25 ans, face à la Marine impériale japonaise…
"La politique de la Royal Navy consistait, dans la mesure du possible, à éviter les risques et les aléas des combats nocturnes. A leur égard, elle avait donc adopté une attitude qui consistait en fait à se mettre la tête dans le sable
Jellicoe, qui était pourtant un grand entraîneur, souffrait d'un fâcheux angle mort en matière de combat de nuit, et avait lamentablement échoué à mettre en place les préparatifs adéquats au sein de la Grand Fleet.
Des projecteurs instables, placés trop bas et dépourvus d'obturateurs, l'absence d'obus éclairants, des signaux d'identification nocturne rudimentaires et une confusion généralisée quant à l'importance du double rôle - défensif et offensif - des destroyers, tout cela constituait une recette idéale pour un désastre.
À l'inverse, les Allemands étaient bien mieux équipés pour livrer une bataille nocturne d'envergure. Certes, eux aussi se méfiaient des problèmes inhérents aux engagements nocturnes de flottes entières, mais compte tenu de leur position de puissance navale inférieure, ils avaient jugé impératif de tirer le meilleur parti de toute opportunité susceptible de se présenter à la faveur de l'obscurité.
Leur premier atout résidait dans la mise au point de systèmes de commande de projecteurs perfectionnés, positionnés au-dessus des volutes de fumée susceptibles de masquer les postes de commandement situés plus bas. Ils disposaient d'obturateurs à iris efficaces, permettant aux projecteurs de monter en puissance à l'abri de leurs volets avant de s'ouvrir brusquement pour inonder leurs cibles de lumière. Ils pouvaient également être éteints et masqués en un instant, si la situation l'exigeait" (1)
(1) ibid, page 356
dimanche 10 mai 2026
9266 - oser ou temporiser
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| Le pré-dreadnought Pommern, à la Bataille du Jutland |
samedi 9 mai 2026
9265 - quand tombe la nuit
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| Les pré-dreadnought allemands au Jutland : une ultime occasion d'être utile... |






