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| Le cuirassé Barham, après la Bataille du Jutland. Notez les fanions au mat |
Confusion au niveau de l'identification de l'ennemi tout d'abord, puisque ni l'Elbing ni le Galatea, qui se sont tous deux repliés vers leurs chefs de file peu après les premiers échanges de tirs, n'ont pas été en mesure d'identifier clairement ce à quoi ils s’étaient heurtés.
Confusion dans les transmissions ensuite, qui, nous l’avons dit, s'opèrent encore au moyen de fanions et de lampes Aldis,… fort peu visibles dans l'excitation de la bataille et au vu des exécrables conditions de visibilité causées par un plafond nuageux à moins de 300 mètres... et aussi par les monstrueux torrents de fumée noire crachés en permanence par ces dizaines de navires qui, dans leur écrasante majorité, chauffent encore au charbon.
Dans l'immédiat, la conséquence la plus importante - et comme nous allons le voir la plus dommageable pour les Britanniques - est que les quatre super-dreadnought d'Evan Thomas, dans l'ignorance totale des événements, vont poursuivre leur route comme si de rien n'était pendant une dizaine de minutes alors que les six croiseurs de bataille de Beatty viennent quant à eux d'infléchir leur cap en direction de l'escadre allemande.
"En résumé, le Barham, navire amiral de la 5ème Escadre de Combat, était trop éloigné pour lire le signal émis par le Lion. Les super-dreadnought zigzaguaient, guidés depuis le Lion par des pavillons de signalisation relayés par les faisceaux lumineux du Tiger. Si les pavillons étaient grands, ils étaient néanmoins difficilement lisibles à huit kilomètres.
Il est également crucial de comprendre qu'ils n'étaient hissés que brièvement avant d'être abaissés, signal d'exécution de l'ordre. L'épaisse fumée qui s'échappait des croiseurs de bataille tandis qu'ils augmentaient simultanément leur pression de vapeur pour compenser l'accroissement de leur vitesse, rendait la lecture des signaux à longue distance encore plus difficile. Malheureusement, le Tiger compliqua encore la situation en omettant de relayer le signal par ses projecteurs" (1)
(1) ibid, pages 77-78






