jeudi 16 juillet 2026

9333 - un croiseur au rabais

L'ersatz Niobe, devenu Emden, à Kiel, en 1928
… Wilhelmshaven, 8 décembre 1921

L’autre contrainte est - évidemment - matérielle : tout doit en effet être mis en oeuvre pour que l’ersatz Niobe coûte le moins cher possible aux finances publiques de la République de Weimar, raison pour laquelle, plutôt que de partir d’une feuille blanche, on va directement s’inspirer des plans du défunt croiseur léger Karlsruhe, sabordé en 1919 à Scapa Flow,… solution d’autant plus nécessaire que l’on ne dispose de toute manière pas de suffisamment de dessinateurs et d’architectes navals pour élaborer un tout nouveau bâtiment.

De la même manière, et alors que les principales marines de guerre du monde sont occupées à convertir à grands frais leurs navires existants pour la chauffe au mazout, l’ersatz Niobe devra quant à lui se contenter, du moins jusqu’en 1933, de chauffer au charbon,… combustible dont chacun a depuis longtemps appris à mesurer les inconvénients et les contraintes opérationnelles, en particulier au niveau du ravitaillement, qui ne peut s’effectuer qu’à quai, ou alors à l’arrêt, sur une mer parfaitement étale.

Les canons de 150mm ont pour leur part été récupérés ici et là, et sont tout sauf de première jeunesse, et l’armement antiaérien, que chacun devine pourtant de plus en plus nécessaire, quant à lui quasiment inexistant.

Si réduire les frais est toujours une intention louable, le résultat final, quel que soit le domaine, s’avère toutefois rarement à la hauteur des espoirs, et de fait, construit de bric et de broc, et au rabais, l’ersatz Niobe, mis sur cale à Wilhelmshaven le 8 décembre 1921, mais admis en service seulement quatre ans plus tard - restrictions budgétaires et troubles politiques obligent - ne donnera jamais vraiment satisfaction à ses utilisateurs.

Mais pour la Reichsmarine, et pour l'Allemagne, l'intérêt est ailleurs... 

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