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| Le Schleswig-Holstein tirant sur les positions polonaises près de Dantzig, 1er septembre 1939 |
Irrémédiablement déclassés en vitesse, en blindage et en puissance de feu par la nouvelle vedette du moment, ceux-ci étaient devenus, par la force des choses, des… pré-dreadnought, et avaient très rapidement été relégués en 2ème ou 3ème ligne, sacrifiés, comme à Gallipoli, dans des missions sans espoir, utilisés, comme au Jutland, "pour faire nombre" et par simple charité envers leurs équipages, ou tout simplement expédiés à la ferraille.
Mais paradoxalement, en Allemagne, ces "coule-tout-seuls", vont réussir à survivre bien plus longtemps que ceux qui devaient les remplacer !
Soumise elle aussi au fameux "diktat" de Versailles, la nouvelle Reichsmarine va en effet, faute d’alternative, continuer à les utiliser, en les modernisant autant que faire se peut, en les modifiant parfois profondément, ou encore en les employant régulièrement comme brise-glaces en Baltique durant les mois d’hiver.
Les Preussen et Lothringen seront par exemple désarmés et transformés en bateaux-mères pour dragueur de mines, puis en navires-dépôts, avant d’être retirés du service à la fin des années 1920, et démolis dans la foulée, alors que les Braunschweig, Elsass et Hannover serviront dans leur rôle originel respectivement jusqu’en 1926, 1930 et 1936, avant d’être ferraillés dans les années suivantes
Le Hessen demeurera quant à lui en service actif jusqu’en 1934, avant d’être converti en navire-cible, un rôle qu’il continuera à tenir durant toute la 2ème G.M…. et même jusqu’en 1960, sous pavillon soviétique !
Mais des huit pré-dreadnought de la petite Reichsmarine, ce sont sans conteste les Schlesien et Schleswig-Holstein qui connaîtront la carrière la plus longue et aussi la plus étonnante : après avoir servi tout au long des années 1920 et 1930, puis être passés sous le contrôle de la nouvelle Kriegsmarine d’Adolf Hitler, ces navires d’un autre âge seront encore utilisés en Baltique durant toute la guerre, le Schleswig-Holstein ayant même le double honneur de tirer les premiers obus de la 2ème G.M. le 1er septembre 1939, contre les positions polonaises de la Westerplatte, puis de servir ses nouveaux propriétaires soviétiques jusqu’en 1966, en tant que navire-cible échoué sur le rivage…

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