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| Les pré-dreadnought allemands au Jutland : une ultime occasion d'être utile... |
... en appareillant de Wilhemshaven aux premières heures du 31 mai, Scheer, rappelons-nous, avait en effet emmené avec lui, plus par charité que par véritable intérêt stratégique, les six pré-dreadnought du contre-amiral Franz Mauve qui, bien que récents - les Schleswig-Holstein et Schlesien avaient par exemple été mis en service en 1908 - étaient à ce point dépassés en vitesse, en blindage et en puissance de feu par les dreadnought et croiseurs de bataille que les Allemands, tout comme d’ailleurs les Britanniques, avaient sagement décidé, dès le début de la guerre, de les cantonner à la défense côtière.
C’est donc avec le reste de la flotte allemande que ces six pauvres navires d’un autre âge se sont retrouvés en pleine retraite vers 20h00… et sur le chemin des croiseurs de bataille de Beatty, occupés quant à eux à s’en prendre à ceux de Hipper.
Dans cette affaire, les pré-dreadnought ont fait ce qu'ils ont pu, et même bien davantage que ce qu'on pouvait raisonnablement attendre d'eux, mais, incapables de rivaliser avec le feu, même réduit, des croiseurs de bataille anglais, auraient tous fini par succomber si la tombée de la nuit ne s’était portée fort opportunément à leur secours.
Ce bref engagement à présent terminé, la flotte allemande, pré-dreadnought compris, est donc sauve,... du moins pour l'immédiat, car les Britanniques, qui progressent maintenant vers le sud-ouest avec une fois encore, à leur droite, et légèrement en avant, les croiseurs de bataille de Beatty, demeurent résolus et sont occupés à manoeuvrer pour lui couper la retraite, ce qui, tactiquement, parait d’autant plus facile que Scheer n’aura tout simplement pas d’autre choix que de passer à travers la ligne britannique, telle la branche gauche d’un "X" s’il veut rentrer en Allemagne.
De jour, un tel passage en force serait assurément suicidaire, mais de nuit, il a néanmoins d’autant plus de chances de réussir que Jellicoe redoute lui-même les inévitables aléas et confusions d’un combat de nuit, et surtout les torpilles que ne manqueraient pas de lui décocher les destroyers allemands, torpilles que ses équipages seraient incapables d’apercevoir, et donc d’éviter, dans l’obscurité…

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