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| Le Jutland, ou tel est pris qui croyait prendre... |
"Finalement, aucun des deux camps ne subit le désastre redouté. Le blindage épais des super-dreadnought se révéla en mesure d’empêcher tout dommage susceptible de réduire leur vitesse ou leur efficacité au combat, et celui des croiseurs de bataille allemands, bien qu’incapable d’empêcher les obus de 381mm de causer des dégâts importants qui finissaient par affaiblir considérablement leur puissance de feu, se montra néanmoins suffisamment résistant pour protéger leurs points vitaux.
Scheer ne parvint pas à réduire significativement la puissance ennemie : l’objectif de sa sortie en Mer du Nord – l’occasion de piéger et de détruire une part importante de la flotte britannique – qu’il avait tant recherché et pour lequel il avait tant œuvré, s’était enfin présenté à lui, mais, face à la résistance des super-dreadnought, il lui avait échappé.
La brève période de domination de Scheer était déjà révolue : il n’y eut pas de vainqueur incontestable dans cette Course vers le Nord, si ce n’est peut-être celui qui se profilait à l’horizon. Le moment tant attendu de Jellicoe approchait". (1)
Car à 17h30, et à l'insu de l'amiral allemand, l'avant-garde de Jellicoe a effectivement aperçu les lueurs de la bataille qui fait rage depuis près de deux heures, et a commencé à manœuvrer de manière à barrer l'entrée du Skagerrak avant de se rabattre vers le sud-ouest.
A 18h15, les premières mâtures des cuirassés anglais apparaissent à l'horizon, semant la consternation sur la passerelle du Friedrich der Grosse, où chacun réalise soudain que la flotte allemande vient de tomber dans son propre piège.
Tel est pris qui croyait prendre...
(1) ibid, pages 200-201

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