Le temps de réaliser cette nouvelle méprise, ce n’est qu’à 16h54 que les quatre super-dreadnought d’Evan Thomas, Barham en tête, Malaya en queue, entament à leur tour un virage vers le nord… sous la mitraille allemande.
Comme le souligna un lieutenant-canonnier du Malaya, "lorsque ce fut au tour du Malaya, le point de virage était un véritable champ de bataille, car l'ennemi y avait bien entendu concentré son feu. Les obus pleuvaient à un rythme effréné et il est douteux que nous, dernier navire de la ligne, puissions nous en sortir sans subir un pilonnage intense.
Cependant, le capitaine prit cette décision en ordonnant au navire de virer prématurément. Lorsque nous eûmes viré, ou plutôt lorsque je braquai ma tourelle sur tribord, j'aperçus nos croiseurs de bataille, qui fonçaient vers le nord à toute vitesse, déjà à près de 8 000 mètres devant nous, engagés dans le combat avec les croiseurs de bataille allemands.
Je compris alors que nous quatre seulement – le Barham, le Warspite, le Valiant et le Malaya – allions devoir faire face à la Flotte de Haute Mer" (1)
Heureusement pour eux, les super-dreadnought sont autrement mieux blindés que les croiseurs de bataille, mais leur repli ne s’effectue cependant pas sans casse.
"Nous avons été touchés deux fois, à chaque fois au blindage, sans subir de dégâts. C'était la première fois que nous étions touché. Le navire tout entier frissonna, mais je n'ai pas particulièrement perçu le bruit de l'explosion. On pourrait comparer cette sensation à celle qu'on éprouve dans les bras lorsqu'on prend une masse et qu'on la frappe de toutes ses forces sur une enclume, en gardant les bras raides" (2)
(1) et (2) Steel et Hart, op cit, pages 167 et 168

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