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| Evan Thomas et son fidèle chien Jack, sur le pont du cuirassé Barham |
Les deux flottes continuent donc de converger l’une vers l’autre sans même le savoir, mais à 15h20, la visibilité étant meilleure de son côté que de celui de Beatty, Hipper est le premier à apercevoir son adversaire.
Trois, quatre, cinq, non : six croiseurs de bataille anglais marchant à pleine vitesse ! Sur la passerelle du Lützow, Hipper, qui n’en a lui-même que cinq, ne s'attendait certes pas à voir arriver les Britanniques aussi rapidement, mais comme il sait que Scheer et ses cuirassés ne sont qu'à quelques dizaines de kilomètres en arrière de lui, et que son rôle, dans cette affaire, se limite en définitive à jouer le rôle d’appât en faveur de ce dernier, il décide donc de virer au sud afin que le piège conçu par son commandant-en-chef puisse se refermer sur les Anglais.
Dix minutes plus tard, sur la passerelle du Lion, Beatty découvre à son tour la ligne allemande : cinq croiseurs de bataille, soit une proie qui lui semble d’autant plus à sa portée qu’il sait que Jellicoe a lui-même commencé à abattre vers lui et, surtout, qu’Evan Thomas, qui s’est enfin rendu compte de la méprise, s’efforce de le rejoindre depuis maintenant près d’une heure avec ses quatre super-dreadnought.
Par une étrange ironie, les deux amiraux rivaux partagent donc à présent le même cap, le même objectif mais aussi, et surtout, la même ignorance,... puisqu’aucun des deux ne soupçonne en effet la présence dans les parages de toute la flotte cuirassée de l'adversaire !
Pour l'heure, chacun s’efforce en fait de manœuvrer de manière à se présenter parallèlement l'un à l'autre, c-à-d avec la possibilité d'utiliser toutes ses tourelles - donc toute sa puissance de feu - en même temps.
Hélas, les ronds dans l'eau exécutés à pleine vitesse par ces onze mastodontes d'acier, mais aussi par leurs flottilles de croiseurs légers et de torpilleurs respectifs, ont immédiatement pour effet de couvrir la mer d'effrayants nuages de fumée qui vont singulièrement compliquer le travail des canonniers...

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