lundi 2 mars 2026

9197 - expendables

Les Dardanelles, ou le dramatique échec d'un "3ème Front"

… 23 mars 1915

Pour l'heure, le principal intéressé, John Michael de Robeck, ne semble en tout cas nullement décidé à baisser les bras

Dans son esprit, il s'agit juste de reprendre son souffle, de panser les plaies, et aussi, comme il l'écrit à Churchill le 20 mars,... de profiter du fait que de nombreux marins, rescapés du naufrage des trois pré-dreadnought, se retrouvent à présent disponibles pour remplacer les équipages civils des dragueurs de mines, dont chacun a pu mesurer, depuis le début de cette affaire, à quel point ils manquaient d'enthousiasme à l'idée de risquer leur vie sous la mitraille !

Et Churchill est bien de son avis : dans cette guerre où les hommes ne comptent pas, et où les navires perdus, à l'exception de l'Inflexible - qui n'est d'ailleurs qu'endommagé - étaient de toute manière obsolètes, donc expendables, il importe de reprendre l’attaque au plus vite, ce pourquoi informe-t-il De Robeck de sa décision d'envoyer quatre autres pré-dreadnought en remplacement !

Reste que de Robeck, comme Carden avant lui, commence maintenant à douter : les champs de mines dont on connait l’existence et dont on avait voulu se débarrasser le 18 mars, demeurent largement intacts, et la perte des trois pré-dreadnought, à présent bel et bien attribuées à des mines, prouve qu’il en existe d’autres, et peut-être aussi d’autres canons et d’autres torpilles, dissimulés en d’autres endroits de cet infernal goulet de plus de 60 km de long

Rien ne garantit donc qu’une nouvelle attaque connaitrait cette fois un meilleur sort, ce pourquoi, le 23 mars, se résout-il à jeter l’éponge et à reconnaître la défaite de la Marine, en soulignant, dans un télégramme à l’Amirauté, que "des forces terrestres seront nécessaires"...

La partie proprement navale - la seule qui nous intéresse ici - de l’Opération des Dardanelles (1) s’achève donc sur un complet échec pour les Britanniques, et en particulier pour Churchill qui, emporté par ce désastre, n’a d’autre choix que de démissionner le 25 mai suivant…

(1) après avoir pris pied sur la Péninsule de Gallipoli le 25 avril, le contingent franco-britannique, incapable de l’emporter, sera finalement contraint à un humiliant rembarquement le 9 janvier 1916 - Saviez-vous que… Gallipoli


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