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| Le pré-Dreadnought français Bouvet, sur le point de chavirer |
Au matin du 18 mars, la première ligne britannique passe donc l’embouchure du Détroit et, suivie par le reste de la flotte, s’engage dans le goulet, puis ouvre le feu sur les positions ottomanes.
Distance : 10 000 mètres
Peu avant 13h00, le tir ottoman semble faiblir, ce qui incite les Britanniques à faire monter la deuxième ligne, autrement dit les pré-dreadnought français Gaulois, Charlemagne, Bouvet et Suffren, avec pour mission de s’approcher au plus prêt des positions de l’ennemi qui, comme ressuscité, recommence alors à tirer avec une ardeur redoublée !
Et les résultats ne se font pas attendre : touché par au moins quatre obus, le Suffren perd une de ses tourelles; sur le Gaulois, une torpille, tirée depuis la rive, occasionne une importante voie d’eau que les pompes et les portes étanches contiennent tant bien que mal; et si le Bouvet, malgré huit obus encaissés (!) ne subit pas de dommages irrémédiables, sa tourelle arrière de 305mm est désormais inutilisable, suite à la rupture de l’extracteur de fumée (1)
Même si elle demeure à son poste, la ligne française mériterait assurément un peu de repos, ce pourquoi, à 13h45, se voit-elle voit autorisée à regagner le banc de touche pour laisser sa place à la seconde ligne britannique.
Les Français s’exécutent. Le Bouvet avec retard, mais, conformément à ce qui est devenu une tradition, finit lui aussi par abattre sur tribord, vers la Baie d’Eren Köy.
Et ce qui devait arriver arrive : à 13h58, une énorme explosion déchire le flanc tribord du cuirassé…
(1) cet extracteur a pour but d’évacuer de la tourelle les gaz toxiques générés par les canons à chaque tir.

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