mercredi 17 juillet 2013

3785 - dans l'attente de jours meilleurs

... mai 1942

De fait, ce changement radical dans la stratégie japonaise tombe à point nommé pour une Eastern Fleet juste capable d'encaisser les bombes et torpilles d'une Marine impériale japonaise supérieure non seulement en nombre mais aussi, et peut-être surtout, en qualité.

A seulement 23 nœuds, le Warspite, son cuirassé le plus rapide, rend facilement 5 à 6 noeuds à ses adversaires japonais - dont la plupart sont pourtant aussi vieux que lui ! - ce qui, dans l'immensité de l'Océan Indien, constitue un handicap encore plus insurmontable  qu'en Méditerranée, contre les cuirassés italiens.

Encore le dit Warspite fait-il figure de lièvre à côté des quatre Royal Sovereign, dont les machines antédiluviennes donnent 5 à 6 noeuds... de moins !

Pour ne rien arranger, si l'avenir appartient désormais aux porte-avions, les Britanniques accusent une sévère longueur de retard dans ce domaine-là aussi : le Formidable et l'Indomitable sont pourtant des bâtiments modernes et bien conçus, par ailleurs dotés de radars dont les Japonais sont dépourvus, mais leurs appareils embarqués, et en particulier les malheureux biplaces Fulmar de chasse-bombardement (1), sont irrémédiablement surclassés par ceux des Japonais.

Fin avril, faute de disposer d'une protection aérienne convenable pour sa flotte, Somerville a donc pris la décision de délocaliser celle-ci à Kilindini (Kenya), une retraite certes peu glorieuse mais qui offre au moins l'avantage de préserver les navires pour des jours meilleurs, et en particulier pour la bien étrange opération que Londres se propose à présent de mener contre son ancien allié français...

(1) entré en service en mai 1940, le biplace Fairey Fulmar est une extrapolation du très médiocre Fairey Battle, triplace de bombardement léger.

Aucun commentaire: