vendredi 12 février 2010

2532 - la voie du sacrifice

… le 25 février 1945, les hommes de la Charlemagne sont enfin rendus à Hammerstein, pour un premier affrontement qui se révèle immédiatement désastreux : à un contre dix, et ne disposant que de leur arme individuelle et de quelques Panzerfaust, ils sont vite submergés et doivent battre en retraite par petits groupes largement dispersés.

Sur les quelque 4 500 hommes qui se sont lancés dans l'opération, plus de 2 000 sont tués, blessés ou portés disparus (!). Et pour les survivants, débute alors une interminable retraite de 80 kms, dans le froid et la neige.

Mais le 1er mars, un nouvel ordre arrive : se diriger vers Körlin pour "fixer et contenir l'avance russe", comme l’affirment prosaïquement les ordres, bien qu'il s'agisse en fait, et selon les propres termes de Krukenberg d'une mission "de sacrifice" visant à couvrir le plus longtemps possible la retraite des troupes allemandes cheminant vers le port de Kolberg, seule voie possible pour sortir de Poméranie et échapper à l’Armée rouge.

Le 4 mars, la Charlemagne entre donc en action à Körlin, et subit une nouvelle défaite, laquelle l'oblige à retraiter de nuit, et à abandonner les blessés sur place, avec la quasi-certitude qu'ils seront achevés par les troupes russes dans les minutes suivantes.

Début avril, alors que beaucoup de survivants ont préféré jeter l'éponge devant une lutte aussi inégale, la Charlemagne est réduite à un unique régiment, qui ne compte plus que quelques centaines d'hommes valides, presque totalement dépourvus d'armements.

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A quoi bon continuer ? Fin mars, même les journalistes des Actualités allemandes, qui couvrent pourtant le conflit depuis septembre 1939, ont préféré jeter l'éponge, après un dernier reportage - qu'ils ont tenté de rendre triomphal - sur l'évacuation de centaines de milliers de réfugiés originaires de Poméranie et de Prusse orientale.

Pour autant, Krukenberg, décidément indestructible, entend bien se battre jusqu'au bout, et préfère voir le bon côté des choses : "La lutte nous a unifiés", déclare-t-il à ses hommes."Le fait que notre division ait été réduite par de glorieux combats doit nous inciter davantage encore à ne former qu'un bloc, qu'une équipe"

Au matin du 24 avril, Krukenberg reçoit l'ordre de prendre le commandement de la SS Nordland, laquelle se bat maintenant à l'intérieur de Berlin, désormais encerclé par les Soviétiques.

Reste à savoir comment s'y rendre….

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