mercredi 25 novembre 2009

2453 - un certain Vidkun Quisling

... si Jutt Olafsen, comme plusieurs centaines de ses compatriotes, va s'engager dans la Legion Norwegen par facilité et pour échapper au travail forcé plutôt que par passion pour le national-socialisme, Vidkun Quisling, ancien Ministre norvégien de la Défense et chef du parti Nasjonal Samling (Union Nationale) est en revanche un nazi convaincu.

Comme beaucoup de collaborationnistes européens, Quisling qui, en 1940, a 53 ans, se verrait bien Führer de son pays occupé par les Allemands. Mais comme tous les collaborationnistes européens, il est également incapable de comprendre qu'en Norvège ou ailleurs, les Allemands n'accepteront jamais qu'un seul Führer - le leur - et ne cesseront de considérer tous les ersatz locaux que comme autant d'idiots simplement utiles à leur cause.

De tous ceux-là, pourtant, Quisling est sans doute celui qui ménage le moins ses efforts pour faire de la Norvège et des Norvégiens les meilleurs amis de l'Allemagne nazie.

Quelques semaines à peine après l'invasion allemande, il encourage déjà ses jeunes compatriotes à rejoindre les rangs du régiment SS Nordland (1) composé de volontaires danois, suédois et norvégiens qui, en compagnie de leurs collègues hollandais et flamands du régiment Westland, et des Volksdeutsche du régiment Germania, vont bientôt former la 5éme division SS Wiking.

L'invasion de l'URSS, en juin 1941, lui permet de franchir un pas supplémentaire, sous la forme d'un corps expéditionnaire - la Freiwilligen Legion Norwegen - officiellement sous contrôle "norvégien", (avec un commandement et des uniformes norvégiens), mais en réalité directement placé sous la tutelle de la SS (et avec des uniformes allemands)

Mais qu'ils appartiennent à la Legion Norwegen, au régiment SS-Nordland, ou encore au régiment SS-Norge (2), les volontaires, en dépit des efforts désespérés de la Propagande, sont loin de se bousculer au portillon et de correspondre aux attentes de Quisling et des collaborationnistes norvégiens (3)

video
Quisling, en tout cas, ne goûtera guère les fruits de ses efforts : bien que nommé, en février 1942, "Ministre-Président" d'un "Gouvernement national norvégien" fantoche, il ne parviendra jamais à s'affranchir de la tutelle des Allemands, et sera finalement fusillé par ses compatriotes à Oslo, en octobre 1945...

(1) à ne pas confondre avec la 11ème division SS Nordland, créée en juin 1943 à partir des éléments "nordiques" de cette même division Wiking
(2) créé en mai 1943, le régiment SS-Norge récupéra les survivants de la Legion Norwegen, qui fut alors dissoute, ainsi que de nouveaux volontaires. L'ensemble intégra alors la 11ème division SS Nordland.
(3) Le total des Norvégiens qui, à un moment ou un autre, servirent dans la Wiking, la Norwegen, la Norge ou encore la Nordland est inférieur à 5 000 personnes.

1 commentaire:

Anonyme a dit...

Bonjour,excellent blog ,instructif sans être pédant.... Le nom de quisling est passé dans le langage courant pour désigner un traître à sa patrie, un leader fantoche manipulé par une puissance étrangère....on peut se demander pourquoi lui (Les fantoches pro nazis n'ont pas manqué entre le milieu des années 30 et la fin de la guerre)...
L'explication rationnelle serait la fibre indépendante qui animait les norvégiens depuis leur (relativement récente) émancipation de la tutelle suédoise et leur faisait abhorrer un personnage aussi servile...mais l'explication moins rationnelle suivant laquelle Quisling avait , comme on dit au théâtre, "la (sale) Gueule de l'Emploi" me paraît également recevable....