... à la fin juillet 1944, l'Opération Cobra porte enfin ses fruits, et permet de désenclaver les troupes alliées qui piétinaient depuis près de deux mois dans le bocage normand.A la tête de la 3ème Armée américaine, Patton vole littéralement de succès en succès, parcourant un millier de kilomètres en deux semaines.
"Patton ne s'attarda pas à bâtir des plans ou à imaginer des mouvements. Le goulet d'étranglement formé par la seule route allant d'Avranches à Pontaubault devint une véritable piste de course. A l'entrée, des officiers supérieurs laissaient passer les unités dans n'importe quel ordre mais, à la sortie, celles-ci étaient dirigées vers les routes qui rayonnaient de Pontaubault et orientées dans la bonne direction. Défiant les règles de la circulation et tous les règlements, Patton fit passer sept divisions par cette route en 72 heures" (1)
Fidèle aux théories exprimées par Fuller dès 1916, Patton est convaincu que seule une progression à marche forcée, sur les arrières de l'ennemi en retraite, peut empêcher celui-ci de rassembler ses forces, de recevoir des renforts (notamment du Front de l'Est) et de constituer de nouvelles positions défensives.
Entre Patton et la Sarre, et au-delà, Berlin, il n'y a - provisoirement - que du vent. Mais comme l'ennemi retraite aussi vite que les tanks de Patton avancent, il importe de maintenir le rythme de l'offensive à tout prix, et de ne pas lui laisser ne serait-ce qu'une heure de répit.
A cette condition, et à cette condition seulement, la guerre peut être terminée en quelques semaines, et les Alliés en train de parader à Berlin bien avant l'Armée rouge.
Mais le 31 août, alors que les tanks de Patton ont atteint la Moselle, c'est la panne d'essence. Fidèle à ses habitudes, Patton s'emporte, engueule Eisenhower, exige de recevoir le carburant qui lui permettra de poursuivre son offensive.
Rien n'y fait : même la surpuissante logistique américaine n'est plus capable de suivre la progression des troupes, et doit de surcroît composer avec les demandes de Montgomery - l'éternel rival - qui a lui aussi besoin d'essence pour l'Opération Market Garden en Hollande. Opération qui débouchera sur le sanglant échec d'Arnhem...
(1) Fana de l'Aviation, HS 28, page 44
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